2 semaines folles pour Nicolas d’Estais

Cette fin de mois d’octobre a été assez intense pour Nicolas d’Estais et son co-skipper Erwan Le Draoulec. Il nous raconte :

1) On a (enfin) mis le bateau à l’eau !

Elle était prévue pour le 13 août, puis le 20 août, puis le 27 août. On m’a ensuite annoncé fin septembre et finalement elle n’a eu lieu que le 9 octobre. Je parle de la mise à l’eau ! Je vous laisse faire le calcul : cela ne fait quun mois de préparation avant la Transat Jacques Vabre qui partira le 7 novembre prochain. Mais impossible n’est pas Jimmy, lisez la suite !
Beaucoup d’émotion durant cette journée assez symbolique qui a commencé aux aurores dans une ambiance surréaliste. Pour des questions de marée nous n’avions que 2 heures pour mettre le bateau à l’eau dans la rivière de Vannes, effectuer les différents tests de jauge et quitter le ponton avant que le bateau ne s’échoue.
L’un des tests consiste à coucher le bateau et vérifier qu’il se redresse. Compte tenu de l’heure avancée à laquelle nous avions fini la veille, je peux vous assurer que si on avait fait le même test sur les membres de l’équipe peu se seraient relevés ! Mais le bateau, lui, s’est redressé, c’est l’essentiel.
Le soir même on avait quitté le chantier et rejoint Lorient notre port d’attache à la voile (et même sous spi, excusez du peu!).

Mise à l’eau et convoyage à la voile en une journée ! Record battu ! Bravo et merci à toute l’équipe.

2) On a réussi à se mettre d’accord sur la décoration du bateau

La Transat Jacques Vabre est une course en double, et Erwan et moi sommes venus accompagnés ! Le bateau portera le nom de nos partenaires majeurs respectifs, c’est-à-dire Emile Henry (pour Erwan) et Happyvore (bibi).
Emile Henry est un fabricant bourguignon de plats en céramique pour la cuisine. Quant à Happyvore, vous en saurez plus très bientot !
Une chose est sûre : c’est l’association de 2 partenaires très gourmands, on va bien manger à bord !
Erwan voulait mettre Emile Henry partout et moi j’aurais beaucoup aimé avoir un bateau aux couleurs d’Happyvore. On a donc décidé de faire simple : ça sera un côté chacun ! Du coup on est tous les 2 d’accord pour dire qu’un côté était plus beau que l’autre, mais chacun avec son propre avis. Je vous laisse arbitrer !

3) On a pris en main le bateau

Comment dire … On n’achète pas un bateau comme on achète une voiture ou une machine à café broyeuse de grains : ce n’est pas parce qu’on sait mener UN bateau qu’on sait mener TOUS les bateaux, et c’est livré sans mode d’emploi ! En revanche c’est tonique, et il y a moyen de tout casser !
Une grosse partie de notre temps a été consacrée à la prise en main du bateau : vérifier son bon fonctionnement, mettre en place les voiles (et vérifier qu’elles faisaient la bonne taille), apprendre à le manœuvrer et trouver les bons réglages.
Au final on a eu très peu de mauvaises surprises. Le moteur qui ne marche pas sous tous les angles de gîte, les ballasts qui se vidaient par l’extérieur du bateau et le cockpit qui ne se vide pas ou bien se déverse dans le bateau. Uniquement des détails vous dis-je !

Il n’empêche, nous avons réussi à naviguer 1 jour sur 2 pendant les 2 semaines de préparation. Un rythme effréné mais nécessaire pour tenter de voir le maximum de choses avant le départ de la course. Encore une fois, chapeau à Gauthier, Henri et Julien qui sont les 3 préparateurs qui nous accompagnent dans cette aventure un peu folle !

Les 3 mousquetaires de la préparation express pour la Transat Jacques Vabre !

4) On s’est qualifiés pour la Transat Jacques Vabre

Passage obligé pour obtenir son ticket pour la Transat Jacques Vabre, avec Erwan nous avons réalisé un parcours de qualification en double à bord de notre bateau. C’était l’occasion d’apprendre à se connaître en mer (car si on se connaît bien, on n’a que rarement eu l’occasion de naviguer ensemble) et de commencer à apprivoiser le bateau. On a beaucoup rigolé. Il y a une information cepandant que je n’avais pas avant de m’associer avec lui :  Erwan ne parle qu’en répliques des Visiteurs (principalement le 1 et le 2).

Au programme, une grande boucle de 3 jours dans le Golfe de Gascogne. Sincèrement j’ai adoré passer du temps sur le bateau un peu isolé du monde. Après des mois et des mois de gestion de projet, cela faisait du bien de couper un peu ! C’est de très bonne augure pour la Transat Jacques Vabre.

Sachez qu’à l’occasion de cette qualification j’ai réalisé l’exploit de mettre mon téléphone et mon bateau à l’eau la même semaine.

5) On a convoyé le bateau au Havre

Et enfin, le weekend dernier, 15 jours après la mise à l’eau, avec Erwan nous avons largué les amarres à Lorient et convoyé le bateau au Havre. Que de chemin parcouru en 2 semaines !

J’en profite une nouvelle fois pour remercier l’équipe technique pour leur travail acharné ces derniers jours. Je peux vous dire que la même chose aurait été possible avec d’autres co-skippers qu’Erwan et moi, mais sûrement pas avec une autre équipe !

Et maintenant on fait quoi ?

A la fin de la semaine aura lieu le départ de la Transat Jacques Vabre. Ca va arriver très vite ! D’ici là l’équipe va continuer de faire son maximum pour préparer le bateau au mieux vu les délais.

Et moi j’essaie de me reposer pour partir le plus en forme possible et je tente tant bien que mal de profiter de ces moments assez uniques et privilégiés dans la vie d’un marin ! J’essaie aussi d’oublier que pendant ces 2 semaines de folies j’ai aussi trouvé le temps d’avoir 30 ans… Je me console en me disant que vu ce qu’on a réussi à faire en 2 semaines, finalement la vie paraît assez longue !