Ile de France à la mer 2021

Cette régate a connu cette année une conception laborieuse : deux reports pour cause de pandémie. Sans doute cela a-t-il créé les conditions de ce sentiment d’épopée que nous avons vécu.

Deux bateaux Flibustier et Gargarisme, (les noms donnés par Team Winds étant toujours un brin folkloriques), skippés respectivement par François Gourdon et Bruno Massiet du Biest. Les deux reports ayant perturbé quelques volontaires, nous démarrons avec des équipages respectivement de 6 et de 7.

Vendredi matin prise en main et équipement des bateaux : Flibustier s’avère déjà défaillant : pas d’antenne radio donc pas de VHF opérationnelle, un compas cassé inopérant.

Entraînement par petit temps, sympathique sauf que les grand voiles des deux bateaux se révèlent si creuses que les bords de près sont définitivement laborieux. Et malheureusement, Jean-Paul, équipier de Flibustier, se coince un nerf et doit abandonner samedi matin : Philippe, gentiment, change de bateau, afin que nous soyons 6 à chaque bord.

Samedi matin, les choses sérieuses commencent donc, entre 20 concurrents. Flibustier démarre lentement, mais dans la manche où il commence à progresser sérieusement, il se fait aborder par un concurrent soit casse-cou, soit malhabile, (refus de priorité caractérisé attesté par deux témoins). Ceci intervenant au virement de bouée, plusieurs places sont immédiatement perdues. Résultat dans les profondeurs du classement en fin de journée, alors que Gargarisme poursuit, lui, une remontée pour terminer à une place sensiblement meilleure.

Dimanche matin la régate devient véritablement une épopée pour Flibustier : cette fois c’est le moteur qui refuse de démarrer tandis que Philippe déclare lui aussi forfait pour une épaule dont la journée précédente a ravivé une blessure ancienne : l’équipage se réduit à 5…

Un vent plus établi, (un bon 20 nœuds avec rafales) : Gargarisme démarre avec modération mais progresse à chaque manche et finit mieux tandis que Flibustier rate ses deux derniers départs. Les deux bateaux figurent dans la seconde partie du classement général.

Mais toujours les rendez-vous festifs :

Vendredi soir, dîner chez Virginie et Bruno, événement maintenant traditionnel ; nous sommes plus de quinze, l’ambiance est chaleureuse le plateau de fruits de mer remarquable. Soirée véritablement délicieuse.

Samedi soir le grand dîner traditionnel réunissant tous les équipages : excellent, mais un peu gâché par la réaction de l’abordeur de la journée, qui nie l’évidence.

Ce fut une épopée : nous avons surmonté les difficultés l’une après l’autre, liées à l’état du bateau ainsi qu’à un équipage réduit et avons pris beaucoup de plaisir à nous retrouver sur l’eau. Merci à tous les participants et, comme chaque année, une pensée particulière pour Charles, notre grand organisateur.

Mais nous n’avons pas brillé : il nous manque certainement cet entraînement hebdomadaire des équipages de tête. Pouvons-nous néanmoins nous satisfaire de cette maxime : il n’est pas nécessaire de réussir pour entreprendre ?

Roland Dubois