Concours de nouvelles : les lauréats !

La commission du patrimoine et le jury du concours, sous la présidence de Roland Dubois sont heureux de vous annoncer le « podium » :

  1. Bernard MUSNIER pour « Le Disparu de Port Manec’h»
  2. Michel BELLION avec « Galbord, chien matelot »
  3. Patrice d’HERBOMEZ,  « À chacun son chemin de …Flensburg, réversible »

Ces trois récits seront publiés dans notre prochain Bulletin Officiel de juin.

À noter: Prix spécial du Jury à Blanche David (12 ans) et Jean-Pierre Beauvois (qui avait partagé sa nouvelle en prémisse au concours).

MERCI et BRAVO aux gagnants et aussi aux 19 autres participants. Écrits savoureux, émouvants, drôles, mystérieux, intimes…formidables !

Toutes les nouvelles et leurs auteurs :

  • Anecdotes​​​​​​​​ – Jean-Pierre Beauvois
  • Vélique et mécanique sont dans un bateau​​​ – Pierre-Loïc Chantereau
  • Une leçon de modestie​​​​​​ – Damien Milliasseau Leca
  • Un retour de croisière mouvementé​​​​ – Guy Pigaux​​
  • Première Tempête en Pacifique -​​​​ Jean Metz
  • Ma madeleine de Proust : un moteur diesel !​​ – Caroline Moreau Didier
  • Le secret de Temoe​​​​​​ – Yves Lagane
  • La voile rouge -​​​​​​​ Jean-Paul Montenot
  • « Galbord », chien matelot​​​​​ – Michel Bellion
  • Francisco Coloane – Olivier Masurel
  • Souvenirs d’un été 1969​​​​​​ – Alain Canac
  • Demain, c’est la fête au village​​​​​ – Emmanuel Lizée
  • Coup de blanc et bruit sec​​​​​ – Philippe MetzgerLa Pastille Cherbourg​​​​​​ – Michel Soublin
  • A chacun son chemin de… Flensburg, réversible​​ – Patrice d’Herbomez
  • La mer rendrait elle notre mémoire encore plus sélective ? -​​​​​​​ Henri Schricke
  • Le « disparu » de Port Manec’h​​​​​ – Bernard Musnier
  • Pêche au trésor sur mer à bâtir​​​​​ – Jean Bernard Chas
  • Jolie Brise ​​​​​​​​- Jean-Louis Baju
  • Impressions golfiques​​​​​​ – Charles Courtay
  • Il n’y a pas de nouvelle ​​​​​​- André Algrin
  • Les corbeaux gobent le safran​​​​​ – Blanche David

Illustrations par Marie Détrée-Hourrière et Marc Berthier, que nous remercions.

Sur quelle automobile ?

Commission du patrimoine

Gérard Hirgorom notre « veilleur » des ventes avait repéré cette plaque de voiture en métal, émail et sa fixation en bois, objet extraordinaire, rare et unique pour nos collections, des années 1910-1930.

Nous avons décidé de nous porter acquéreur dans l’obligatoire anonymat auprès de la Maison de Vente à Reims. Il va rejoindre le patrimoine de votre cher Club. Il faudra tenter de retrouver cet objet en « situation » … une photo d’un ancien membre de votre famille sur son automobile ? Merci de nous aider.

Concours de la meilleure nouvelle – Commission du Patrimoine

Les membres du Yacht Club de France sont invités à participer à un CONCOURS DE LA MEILLEURE NOUVELLE.
Merci et félicitations à nos chers POM, Marie DÉTRÉE et Marc BERTHIER pour leurs œuvres de lancement. Merci aussi à notre vice-président Olivier PÉCOUX qui nous a transmis cette récente et excellente idée « d’événement à terre » du New York Yacht Club.
Mode d’emploi :
    1. Le récit doit avoir un thème nautique ou maritime
    2. L’objectif est une approche personnelle, de souvenirs provenant d’histoires anciennes, tragiques , effrayantes ou drôles ou…
    3. Il peut s’agir ou non d’une fiction dans la mesure ou l’aspect personnel est présent.
    4. Environ 1,000 mots ( 1-2 pages sous Word ou PDF)
    5. Envoi des textes par email à :  ycf@ycf-club.fr
    6. Date limite de remise des récits : étendu au 28 février 2021
Le comité de sélection est présidé par Roland Dubois, Conseiller et membre de la Commission Patrimoine. Après la réception de tous les récits, les trois meilleurs seront récompensés, partagés avec l’ensemble des membres et publiés.
A adresser au Club qui transmettra à Roland Dubois et Jean-Louis Benoist. Adresse mail : ycf@ycf-club.fr
L’envoi au YACHT CLUB DE FRANCE d’une « nouvelle » vaut acceptation par son auteur d’une diffusion interne au Club ( Bulletin Officiel et autres supports de communication).
Nota : sur la gouache de Marie Détrée toute ressemblance avec une ancienne et très célèbre membre dans les années 1920-1930 n’est pas un hasard… parité respectée.

 

La Galerie du YCF

La Galerie du Yacht Club de France est née et s’étoffe rapidement. Plus d’une vingtaine de bateaux a déjà été réalisée et habille désormais le couloir derrière le bar.

Retrouvez tous les détails sur un article précédent : « Les demi-coques à plat du YCF ».

Vous pouvez aussi directement commander en ligne la reproduction : Boutique du YCF > Demi-coques


Anectode sur le Girundia II

Commission Patrimoine – Don de Madame Sybille de Vendeuvre.
Précisions sur notre seule photo du GIRUNDIA II. Certains ont remarqué le canon sur le pont… Ce cliché fait probablement lors du retour de l’escadre le 13 septembre 1944 à Toulon. Donc d’après les échanges sur net Marine et les souvenirs de l’amiral André Lemonnier CEMM de 1943 à 1950.
« Le Yacht Girundia II de 1200 t construit en 1910 réquisitionné en 1940 sous le nom de Girundia II classé dragueur auxiliaire AD185.
Il portait un unique canon de 75 suivant les souvenirs de l’amiral André Lemonnier (« Cap sur la Provence » édition de 1954 en photo ) car … son pont en bois ne pouvait supporter autre chose), « à condition de ne pas s’en servir« …. Pendant la préparation du débarquement, l’Amiral l’a fait équiper en navire de commandement spécialement pour supporter « administrativement » nos navires engagés devant les plages et lors de l’avancée et de la bataille de Toulon.
Girundia II, annexe du ministère de la Marine, était commandé par le CV (depuis le 1er juillet 1944) Lehagre (YMR) et chargé de l’organisation en suppléance du Chef d’Etat-Major. « 
Histoire à suivre …

Cordouan à l’UNESCO

Le phare de Cordouan éclaire depuis 1611 l’embouchure de l’Estuaire de la Gironde. Premier phare classé monument historique en 1862, seul phare en mer encore en activité, habité en permanence par des gardiens et ouvert à la visite, il est considéré comme une merveille d’architecture et un symbole de l’innovation technologique. Point de repère incontournable depuis la mer et les deux rives de l’Estuaire, il est ce monument sentinelle trait d’union entre terre et mer qui veille sur les hommes.

Depuis 2010, les acteurs du territoire, l’Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine, les Départements de la Charente Maritime et de la Gironde et le Syndicat Mixte pour le développement durable de l’Estuaire de la Gironde (SMIDDEST), gestionnaire du phare, sont regroupés pour valoriser ensemble le monument. lls portent le programme ambitieux de rénovation prévu jusqu’en 2021, et une démarche environnementale et culturelle au service du développement du territoire.

Cette volonté de porter haut le rayonnement et la conservation de ce bien exceptionnel se concrétise aujourd’hui par une candidature à l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Lancée officiellement en 2016, elle mobilise toute une région dans une vision pérenne, ambitieuse et respectueuse du monument et de son environnement. Elle soulève aussi un nouvel engouement des habitants, des médias et des publics du monde entier.

Cap sur l’UNESCO

En janvier 2019, la France a déposé le dossier du phare de Cordouan comme seul bien représentant le pays au prochain Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. La phase de sélection internationale est en cours et il reste désormais plus que quelques mois pour savoir si le phare de Cordouan rejoindra la liste des biens culturels inscrits au Patrimoine
mondial de l’Humanité à l’UNESCO

Soutenez la candidature en vous connectant ICI.

(image prinicipale © Dominique Abit)

Don exceptionnel reçu en juillet de madame Sybille de VENDEUVRE

COMMISSION PATRIMOINE

Don exceptionnel ; pratiquement 500 pièces du service de table du « GIRUNDIA ». Madame Sybille de VENDEUVRE est la petite fille d’un membre à vie depuis 1925 du Club ( présence 1907-1967) Pierre DUPUY. Fils de Jean DUPUY, ministre, il devient député à 26 ans de la Gironde et directeur propriétaire du journal « Le Petit Parisien » avec son frère. Il achète en 1930 ce yacht construit en 1910. Cadeau également de 2 magnifiques nappes et serviettes dont l’une au pavillon personnel de Pierre DUPUY. Histoire d’une famille et de ce yacht prestigieux à vous raconter dans un prochain BO. Au début, mon information par l’amiral Édouard GUILLAUD lors d’un Conseil, je contacte alors l’amiral Jacques LAUNAY, ce dernier, ami de madame de VENDEUVRE, a permis ce don historique, je les remercie au nom de la Commission et du YCF. Don pratique car depuis 2 mois une partie de ce service est visible au YCF et utilisée par notre restaurateur Thierry Le LUC. Merci aussi à Laure de TOCQUEVILLE et Nicole RONDEAU pour leur aide. Détail : service en métal argenté fabriqué par la Manufacture anglaise de Elkington. Ceux d’entre nous qui avons pu venir déjeuner au Club avant vendredi dernier ont déjà pu apprécier ces objets, tous chiffrés GIRUNDIA.

A suivre …

Livre : Skippers au large

Publié par notre collégue Ludovic Sorlot, découvrez ou redécouvrez les aventures et parcours de 30 skippers, coureurs au large connus ou moins connus. Comment ont-ils réussi à vivre leur passion, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils partagent… Un aperçu de la Course au large pour ceux qui voudraient se lancer, vivre ou revivre des aventures incroyables.

Préface par Philippe Héral, président du Yacht Club de France.

En vente par correspondance sur le site www.courseaularge.com

Bateau de membre : Vert Galant

Vert Galant entre en restauration pour revenir en condition de navigation. Ce bateau est classé Monument Historique et possède le label Bateau d’intérêt du Patrimoine (BIP). Vous pouvez contribuer sur le DARTAGNANS – Mousquetaires du Patrimoine.


Vert Galant est donc un bateau dessiné et construit en 1934 en Norvège par un très célèbre architecte Norvégien, Johan Anker.

Dès la fin de sa construction le bateau est arrivé en France et à eu plusieurs propriétaires relativement connu à l’époque. Son premier Propriétaire fut Hubert de Saint Senoch, le fils de Virginie Hériot, la première femme française a avoir obtenu la médaille d’Or au Jeux Olympiques de 1928. Il décide de lui donner Cannes comme Port d’Attache. Il a beaucoup navigué entre Monaco, Cannes, Antibes, et Marseille jusque dans les années 1970.

En 1970 il est racheté par Monsieur Jacques Chauveau qui lui donne Saint-Malo comme port d’attache. Cet homme fut Vice Président du Musée de la Marine et a beaucoup oeuvré pour la conservation du patrimoine maritime.

En 2001, nous le rachetons pour l’emmener sur l’Ile de Noirmoutier. En effet, Noirmoutier, au travers de son club, le Cercle de Voile du Bois de la Chaize, possède une flotte de 7 bateaux de la même série, ce qui permets l’organisation de belles régates depuis 20 ans cette année !

Vert Galant est classé Monument Historique depuis 1992 et possède le label Bateau d’intérêt du Patrimoine (BIP) depuis 2005 qui est décerné par la Fondation du Patrimoine maritime et fluvial.

Ce bateau a participé à une dizaine de Championnat du Monde et de Championnat d’Europe en se classant toujours très convenablement. Ce bateau participe régulièrement aux Voiles de Saint Tropez, aux Régates Royales de Cannes et au Challenge Métrique, un circuit de 3 régates en Atlantique qui est dédié au bateau de cette Jauge.

Alexandre Anginot

1844, Charles Rigault de Genouilly régates avec les anglais

Par Anne Bolloré-Laborde – Commission du Patrimoine

Juillet 1844. Au large de Singapour, le (futur) Amiral, Ministre de la Marine et Président du Yacht Club de France, Charles Rigault de Genouilly, « en régate » avec les Anglais.

Le conflit armé entre la Grande Bretagne et la Chine, connu sous le nom de Première Guerre de l’Opium, a pris fin en août 1842 avec le traité de Nankin. Les puissances occidentales, impatientes de s’engouffrer dans la brèche percée dans le protectionnisme chinois, s’empressent de dépêcher des légations chargées de négocier des traités de commerce.

Aussi, en juillet 1844 à Singapour on trouve trois bâtiment français – les corvettes La Sabine et La Victorieuse et la frégate La Sirène ainsi que la corvette britannique Iris. L’heure est à l’Entente Cordiale. Le rapprochement diplomatique se traduit dans la mer de Nan Hai par une assistance et une solidarité sans faille entre Britanniques et Français.

Le commandant de la corvette HMS Iris, le capitaine Rodney Mundy trouve une manière pacifique d’en découdre avec les Français : il propose d’affronter successivement en régate les trois bâtiments français. Leurs commandants Guérin, Rigault de Genouilly et Charner) acceptent sans hésiter. Ils ont peu de considération pour les qualités de l’Iris, qu’ils appellent la courte corvette, et tiennent que, si elle peut faire jeu égal avec La Sabine ou La Victorieuse, elle n’a aucune chance contre La Sirène.

Pourtant, les trois courses, jugées à partir du rocher Pedra-Branca, furent remportées coup sur coup par HMS Iris. Peut-être aurait-il fallu se méfier des personnalités :

  • De son architecte : William Symonds, avait connu, enfant, le baptême du feu à Groix, et, pendant, les guerres de l’Empire, il s’était senti humilié par la rapidité des bâtiments français. Dans les années 1820, il avait profité d’un petit héritage pour dessiner des yachts de plaisance, qui attirèrent l’attention de ces grands amateurs qu’étaient George Vernon, et le duc de Portland, assurant un rebond à une carrière qui le conduisit alors au poste de Contrôleur général de la Marine (Surveyor of the Navy)
  • De son commandant : Rodney Mundy était le petit-fils de l’Amiral George Brydges Rodney, qui avait infligé à la France en 1782 la défaite des Saintes, et qui est connu pour avoir le premier utilisé la tactique de percement de la ligne ennemie. Perfectionniste, Mundy venait de travailler plusieurs mois avec Symonds à l’amélioration de l’Iris.

A défaut du compte-rendu de la régate courue par Rigault de Genouilly, les lignes qui suivent sont extraites des souvenirs d’un passager de La Sirène, Charles Lavollée, fonctionnaire des Douanes envoyé en mission commerciale en Chine :

« Les deux navires courraient parallèlement à une distance d’environ un mille. Nous distinguions, à la longue vue, les officiers de l’Iris, debout sur la dunette, et, au milieu d’eux, le capitaine donnant à chaque instant ses ordres pour rectifier la voilure et profiter des plus légères variations du vent. De notre côté, le commandant (y) veillait lui-même avec la plus grande attention (…). Il s’était engagé entre les deux navires, entre les deux pavillons, toujours et partout rivaux, une lutte d’amour-propre, à laquelle chacun de nous prenait part de la pensée et des yeux, comme s’il se fût agi d’un duel national (…) Au lieu de lutter avec leurs canons, les deux navires luttaient avec leurs voiles (…) L’Iris, plus fine de coupe, plus légère à manœuvrer, semblait à peine toucher la mer, tandis que La Sirène, sous la vigoureuse impulsion de sa voilure, oubliait le poids de sa lourde artillerie et fendait les lames avec une rapidité presque égale. Cette lutte dura plus de six heures, pendant lesquelles nous franchîmes près de cinquante milles. La corvette anglaise, favorisée par une rafale, passa enfin devant notre beaupré en nous saluant courtoisement de son pavillon. »

Une rencontre qui promet : trois des quatre protagonistes seront ultérieurement élevés aux dignités d’Amiral de France ou d’Amiral de la Flotte : Charles Rigault de Genouilly) en 1864, Léopold Charner en 1867, Rodney Mundy en 1877.

Dans les salons du Yacht Club de France : Rigault de Genouilly, dont le portrait en pied- en tant que premier président – nous accueille dans l’entrée du Club, fut aussi l’ultime ministre de la Marine du second Empire, et le premier président de la Société Française de secours aux naufragés, fondée en 1867 sur ses indications, et à laquelle il légua la plus grande partie de sa fortune.

Rendez-vous dans les mers de Chine : Rigault de Genouilly et Charner représenteront à nouveau la France dans les mers de Chine, mais dans des circonstances moins pacifiques. Le contre-amiral (puis vice-amiral) Rigault de Genouilly prit en 1857 le commandement de la division française des mers de Chine, placée en 1860 sous l’autorité du vice-amiral Charner, commandant en chef des forces navales dans les mers de Chine. Avec un autre camarade polytechnicien (déjà en mission dans la région lors de la régate), Théodore Page, ils conduiront la Seconde Guerre de l’opium et la conquête de l’Indochine.


Notes

La Sabine 1837, corvette de 30, classe Héroïne. Capitaine de corvette Guérin.

La Victorieuse corvette de 30.  Capitaine de frégate Charles Rigault de Genouilly, 1807-1873

La Sirène 1823, frégate de 50, classe Calypso. Capitaine de vaisseau Léopold-Victor Charner, 1797-1869

HMS Iris 1840, corvette de 26, classe Vestal.   Captain Rodney Mundy, 1805- 1884.