Les Sables – Horta – (Les Sables…), 14 jours de combat en mer

Cette classique des Class40 qui relie Les Sables d’Olonne à Horta aux Açores est traditionnellement un entrainement pour les transats en double : 6 jours de cohabitation, une escale sympathique et un retour tranquille.

Une fois encore, la pandémie est venue perturber ce programme idyllique, transformant la course en un mélange de : Transat (14 jours en mer),  Fastnet (avec plusieurs jours de près dans plus de 20 nœuds de vent), et torture psychologique (virer une bouée devant le port d’Horta avant de repartir pour 6 jours de mer dans l’autre sens).

C’était pour Olivier Delrieu et Didier Le Vourc’h l’occasion d’acquérir de l’expérience ensemble à bord de Vitican et de se qualifier pour la Transat Jacques Vabre.

Alors qu’il met pied à terre sur le mythique ponton du Vendée Globe aux Sables d’Olonne, Olivier nous partage ses impressions.

D’abord, comme dit Michel Desjoyaux, la course au large « c’est une merde par jour ». L’important étant d’avoir un bateau suffisamment préparé et un traitement rapide de l’incident pour que cela ne s’accumule pas. Un quart de la flotte a été contraint d’abandonner suite à différentes casses.

Ensuite le Class40 est un bateau puissant au portant et violent au près. Les 3 jours à remonter dans une mer formée ont usé les bateaux et les équipiers qui passent Horta abimés par les chocs !

Enfin, le petit temps est aussi dur que la baston : il faut tenir mentalement. Avec 3 ou 4 nœuds de vent, avec le bon jeu de voile, le bateau marche à la vitesse du vent. En revanche, le pilote automatique ne barre pas suffisamment finement pour les garantir. L’homme reprend donc la main… et cela a duré pendant les 100 miles de la dorsale à traverser, augmentant d’autant la fatigue liée à la concentration, la durée de cohabitation du binôme à bord.

Un bilan très positif que ces 14 jours « Out of office » ! Une place de 13ème (sur les 24 engagés) dans un paquet de 4 bateaux arrivés à une heure les uns des autres.

Plus d’informations le site de Les Sables – Horta

7 armateurs français pré-inscrits à la RORC Transatlantic Race 2022

A  6 mois du départ, 7 armateurs français se sont pré-inscrits à la première course transatlantique de l’année 2022 (départ le 8 janvier).

Pour l’organisation de la 8ème édition de cette course transatlantique entre Lanzarote aux Canaries et La Grenade aux Caraïbes, le Yacht Club de France s’est allié au Royal Ocean Racing Club et à l’International Maxi Association.

En classique, comme en moderne, de sérieux prétendants au titre sont entrés en course. Si vous aussi, vous souhaitez prendre le départ, retrouvez toutes les informations sur la RORC Transatlantic Race 2022 en cliquant ici.

BATEAU MODELE LOA
Moderne
Jean-Pierre DRÉAU LADY FIRST 3 Mylius 60 18,47 m
Jean-Jacques GODET RHAPSODIE VI 53 16,20m
Jacques PELLETIER L’ANGE DE MILON Milon 41 13 m
Fred WARNIA PERDIX Hustler 35 10,60 m
Eric DAHER TONNERRE DE GLEN Ker 46 15,91 m
Classique
Alain MOATTI SUMURUM Ketch – Fife 28 m
Rémy GÉRIN FAIAOAHE Prototype 20 m
L’Ange De Milon

Olivier Delrieu sur l’Atlantique sous les couleurs du Yacht Club de France

Entrepreneur et passionné, Olivier Delrieu prendra le départ de la Transat Jacques Vabre – Normandie Le Havre,  le 7 novembre prochain à bord de son Class40.

A bord du numéro 134  VITICAN, Olivier Delrieu , accompagné de Didier Le Vourch, partent  sans sponsor, conscients de naviguer à bord d’un bateau de génération ancienne, qui ne peut prétendre ni à un podium, ni même à une première moitié de classement.

Leur objectif est ailleurs, dans l’engagement, le dépassement de soi et les valeurs traditionnelles du marin,  chères à son club depuis plus de 150 ans : compétence, responsabilité, respect, solidarité, humilité, savoir-vivre. Membre depuis quelques années, Olivier vit ces principes pleinement dans de multiples engagements et portera fièrement les couleurs du Yacht Club de France dans cette Transatlantique.

Didier le Vourch et son co-skipper Olivier Delrieu à bord du Class40 134 VICITAN, la Trinité-sur-Mer le 19 juin 2021, photo © Jean-Marie LIOT – www.jmliot.com

Olivier nous partage en quelques mots les raisons de son engagement :

« La course au large reste une compétition certes de très haut-niveau mais très ouverte ! Il est encore possible de monter un projet comprenant des amateurs, avec un budget mesuré et d’aller se frotter aux meilleurs, dans les épreuves les plus prestigieuses. L’ambiance s’en ressent très positivement car les skippers restent modestes, prompts à la discussion. Au fond, il reste peu de sports aussi techniques qui gardent cet aspect. L’esprit de Coubertin est encore présent. »

D’expérience, il a aussi une analyse positive et très humaine du sponsoring de voile et de ses bénéfices, pour les entreprises et les hommes et femmes,  engagés dans ces projets, en mer et à terre :  « Le continuum entre les chefs d’entreprises sponsors et les professionnels me semble plus fort que dans beaucoup de sports. On trouve des chefs d’entreprises de type ETI qui montent des projets de A à Z, rencontre d’un entrepreneur et d’un skipper (Everial, Intech par exemple).

A la différence des sponsorings d’image classique, je vois le même schéma se reproduire : l’entrepreneur participe au début aux sorties en mer de type « Relations Presse ». Rapidement il demande à participer à un convoyage, puis on le retrouve dans l’équipage de certaines courses … A nouveau, cela crée une atmosphère très particulière autour des courses.

Finalement, un message peut-être pour les chefs d’entreprise : montez des projets de sponsoring voile ! Toutes les valeurs qui sont les vôtres sont bien là. »

photo © Jean-Marie LIOT – www.jmliot.com

2 jeunes championnes rejoignent le Pôle Course du Yacht Club de France

Lara Granier et Amélie Riou préparent les Jeux Olympiques de Paris 2024 en 49er FX. Les talentueuses jeunes femmes font parti des espoirs de la voile françaises.
Les membres du Yacht Club de France sont heureux d’accueillir Lara et Amélie au sein du groupe de Talents du Pôle Course du YCF. Ils veilleront à les accompagner dans leur développement vers l’objectif Olympique et leur contribution au rayonnement international de la voile Française.

Retrouvez le palmarès et le programme des deux jeunes femmes sur la page qui leur est dédiée (cliquez ici).

Des podiums pour le YCF à la Giraglia 2021

Photo : Les 3 équipages de Raging Bee (3eme IRC2), de la Marine Nationale (vainqueur de la Giraglia des 2 Marines) et d’Epsilon (2ème en IRC2)

Jean-Luc Hamon sur Raging Bee avait à son bord notre collègue Xavier Cau.

Ils terminent 3ème toute classe (et 1er IRC 2) de la course de ralliement Saint Tropez – San Remo. La course a été particulièrement lente et peu de bateau l’ont terminée, une fois encore, l’acharnement paie.

Jean Rameil et son équipage à bord d’Epsilon termine 2ème de la Giraglia en IRC 2, juste devant Raging Bee.

Le CF (R)  Jean Rameuil du YCF et son équipage : PM Gaetan Sauvanet , MT Martial Garrido, Anne Dizerbo, Guillaume Bouan

En IRC 2, les leaders choisissent des options différentes : le russe Space Jockey et Raging Bee prenant une route directe, avant de rencontrer une bulle à la Giraglia, un virement au Nord permet au bateau russe de tirer son épingle du jeu avant de redescendre sur le Cap Corse. Epsilon parti au Sud fait « la cuillère Corse » conservant ainsi une vitesse faible mais constante.

Après un long bord sous spi avec une vingtaine de noeuds de vent, l’arrivée à Gènes remet les compteurs à zéro après 40h de regate puisque, comme à l’accoutumée, le vent fait défaut dans le Golfe de Gènes.

(Propos recueillis auprès de Xavier Cau).

La Marine Nationale remporte la Giraglia des deux Marines du YCF

Le mercredi 16 juin dernier a eu lieu le départ de la 68ème Giraglia Rolex Cup. En ces temps si particuliers de crise sanitaire mondiale, la course s’est courue uniquement en Italie et en offshore, le départ étant donné depuis San Remo en direction de Gênes.

C’est en 2014 que le projet de re-création d’une compétition de voile hauturière entre les marines française et italienne a pu se concrétiser à l’initiative de Patrice Brunet, vice-président honoraire et l’accompagnement de l’amiral Philippe Coindreau, à l’époque commandant la Force d’Action Navale, et du commandant Thierry Meillour.

Ce trophée « Giraglia des Deux Marines » du Yacht Club du France rappelle les fondements de la célèbre course de la Giraglia, aujourd’hui appelée « Giraglia Rolex Cup », créée un soir de décembre 1952 dans un bistrot parisien par Beppe Croce, président du Yacht Club Italiano, René Levainville du Yacht Club de France, et Franco Gavagnin. L’intention se portait alors sur un défi de prestige entre l’Italie et la France, dans le but de renforcer les liens entre ces deux nations dans cette période d’après-guerre, et partait à l’origine de Toulon, principale base navale de la Marine nationale. C’est par un fort Mistral, le 11 juillet 1953 que 22 bateaux prenaient le départ de la première édition.

La Marine française et son voilier « Capriccio II » remporte la victoire cette année, juste devant le voilier italien « Deneb« , et termine aussi 3ème en classe ORC 2.

Rendez-vous déjà pris pour l’année prochaine, avec l’espoir de retrouver l’hospitalité habituelle de la baie de Saint-Tropez !

Sous le soleil, exactement…

La Coupe de Printemps du Yacht Club de France s’est courue dans des conditions idylliques entre Porquerolles, Sanary et Marseille. C’était la deuxième édition de cette course de liaison qui comportait cette année deux étapes de respectivement 25 et 28 miles nautiques. Elle est réalisée avec le support de 3 Clubs alliés du YCF : le Yacht Club de Porquerolles, la Société Nautique de Sanary et la Société Nautique de Marseille.

La douzaine de yachts classiques participants a réalisé la première étape dans des airs légers et très techniques entre le Cap Sicié et Sanary. La seconde étape, au portant dans 10 nœuds de vent de sud d’Est a mis les équipages à l’épreuve pour l’arrivée dans la rade de Marseille. Celle-ci était parcourue d’un vent de 22 à 25 nœuds sous un soleil radieux. Cette course itinérante offre aussi pour les équipages des opportunités d’échange et de découverte qui sont chères à l’organisation.

Le Yacht Club de France réunira de nouveau la flotte de bateaux classiques durant sa Coupe d’Automne, pour la liaison de Cannes à Saint-Tropez, entre les Régates Royales et Les Voiles de Saint-Tropez.

Résultats

Groupe Epoque Marconi : Un début de saison en fanfare pour Andale. Après avoir remporté la 18e Porquerolles’ Classique, Laurent Vernet gagne, en double avec Patrick Boronat devant Rainbow III et Eileen 1938.

  1. ANDALE
  2. RAINBOW III
  3. EILEEN 1938
  4. HERMES

Groupe Classique Marconi : Palynodie II gagne tout « à la maison ». Henri Ferbus, armateur de Palynodie II et actif vice-président de la Société Nautique de Sanary remporte les 2 courses. Sagitarius et Jéricho prenant respectivement la deuxième et troisième place.

  1. PALYNODIE II
  2. SAGITTARIUS
  3. JERICHO
  4. IZENAH III
  5. ROI D’YS

Groupe Aurique : Chips extrêmement rapide sur la première étape remporte la course. Il est suivi au général part Lulu, qui remporte la seconde manche. Esterel se classe troisième.

  1. CHIPS
  2. LULU
  3. ESTEREL
  4. NIN


La naissance d’un Class40 par l’artiste Mickaël Plihon (alias Ernest de Jouy)

L’artiste Mickaël Plihon (alias Ernest de Jouy) accompagne Nicolas d’Estais dans la naissance de son nouveau Class40. Suivez l’évolution hebdomadaire de la gestation de son bateau construit chez  Multiplast – Groupe Carboman sur plans VPLP design.

Semaine 10 : On marche sur la tête

Au début cela surprend et il faut expliquer « voilà le pont, pour l’instant il est à l’envers, il sera démoulé et retourné pour l’assemblage avec la coque ». Car oui, nous sommes en fait à l’intérieur du bateau. Le plancher est le plafond et la petite cabine à l’arrière est en fait dehors, et c’est le cockpit !

Le procédé (qui n’a plus de secret pour vous) est le même que pour la coque :  l’infusion.

Semaine 9 : Découverte des espaces

Les équipes de Multiplast continuent d’assembler les différents morceaux de puzzle pour préparer l’assemblage coque-pont.

Les deux cloisons centrales sont d’ores et déjà en place, cela permet déjà d’avoir une première idée des volumes intérieurs. Pas de quoi faire une mezzanine, mais a priori plusieurs endroits où Nicolas et son mètre quatre-vingt-dix teindront verticalement.

Semaine 8 : La structure, c’est comme la confiture …

… Moins il y en a plus le bateau s’étale !⁠

Pour qu’elle puisse encaisser les efforts qui lui seront bientôt demandés, on colle dans l’intérieur de la coque de nombreux renforts pour la rigidifier – un peu comme un squelette humain.⁠

Comme les os, ces renforts ont tous des noms différents alors qu’ils servent tous à la même chose : il y a les varangues, les raidisseurs, les oméga (mais pas d’alpha), les longitudinaux, les cloisons, les barreaux, les épontilles… Et j’en oublie sûrement beaucoup d’autres !⁠

C’est pareil avec le pont du bateau, que nous découvrirons bientôt…

Semaine 7 : Qui veut une tisane ?
Lorsque la dernière couche de fibre de verre est posée dans la coque, il faut imbiber l’ensemble du sandwich de résine pour que la coque se fige dans la forme du moule. C’est ce qu’on appelle l’INFUSION !

Le principe est d’amener la résine à l’état liquide au centre du moule et de l’aspirer sur les côtés au moyen de pompes à vide. C’est une étape clé car il faut suffisamment de résine pour imprégner l’ensemble des couches (et sur toute la surface) de la coque mais pas trop car un excédent de résine n’apporte pas un gain en performance et alourdit inutilement le bateau. Qui plus est il n’y a pas de retour en arrière possible car une fois que la résine est sèche il n’y a plus moyen d’ajuster quoi que ce soit.

Pour préparer l’infusion on pose une couche de tissu drainant (en vert) avec des drains (en gris) pour aider le front de résine à faire son chemin lors de la mise sous vide. Le tissu jaune est un tissu d’arrachage qui sert à isoler les tissus structurels de la coque et faciliter le démontage à la fin du processus.

Semaine 6 : Le sandwich est bientôt prêt

Après la première peau en fibre de verre l’équipe pose les pans de mousse qui forment l’âme de la coque (notez le côté romantique, comme quoi les marins ne sont pas des bêtes !)⁠

Paradoxalement, le bateau n’a plus d’âme dans ses endroits les plus névralgiques : accroche des haubans, embase de la quille ou à l’étrave par exemple. À ces endroits-là, la coque est uniquement en fibre de verre. C’est bien plus solide mais tellement plus lourd qu’on ne peut pas le faire partout.⁠

En tout cas il commence très franchement à ressembler à un bateau. Qu’il ait une âme ou pas, il sortira bientôt du moule pour se construire sa propre identité !⁠

Semaine 5 : Les choses sérieuses commencent

L’assemblage du moule donne suite à un travail méticuleux sur l’état de la surface où on s’assure que pas une tète de vis ou clou ne dépasse. ⁠

Afin de rigidifier l’ensemble, le moule est ensuite stratifié d’une fine couche de fibre de verre. Le chantier fait ça sous une tente au chaud pour bien polymériser la résine et sous vide pour être en tout point fidèle à la structure en bois.⁠

Après les dernières vérifications et finitions au ponçage à la cale, on appose une fine couche de téflon sur l’ensemble pour anticiper le démoulage. Les bateaux c’est comme les cookies chocolat caramel beurre salé : c’est mieux quand ça sort du moule en un morceau !⁠

Jusque là c’était le moule, cette semaine on entre dans le vif du sujet avec le début du drapage de la coque du bateau ! ⁠

Semaine 3 : Lorsque toutes les sections du moule sont alignées et fixées, on peut enfin les relier par des longs tasseaux en bois. La forme du bateau apparaît et ce n’est pas anodin !⁠

Semaine 2 : Pour construire le moule du bateau, une section de coque est érigée tous les 40cm afin de matérialiser sa forme en 3 dimensions.
Chaque coupe est numérotée en fonction de sa distance à l’avant du navire (par exemple 9600 = 9.6m). Grâce à ce squelette de 12m x 4.50m, la précision obtenue est partout largement inférieure au millimètre !

Semaine 1 : « Au début il n’y a rien, juste l’axe navire matérialisé sur le plancher. On découpe numériquement les sections du moule en bois dans lequel sera drapée la coque du bateau et on prépare leur assemblage »

Photos : Ernest de Jouy

Jean Rameil termine 2ème de « Au Large Saint-Tropez »

A bord d’Epsilon, Jean Rameil membre du YCF et du CNMT et Christophe Olgiati (responsable de la mise en condition des croiseurs du Club Nautique de la Marine à Toulon) terminent 2ème sur 21 concurrents de la course IRC « Au large de Saint Tropez » qui consiste en un parcours de 400 miles nautiques, en double ou en solo. Le départ a été donné le mercredi 2 juin depuis Saint Tropez. Les équipages sont partis cap au sud-est pour passer les bouches de Bonifacio puis remonter par l’Est la côte corse et revenir à Saint Tropez.

Dans les premières heures de course, Epsilon perd son pilote automatique. Cela n’empêche pas Christophe et Jean d’être en fin de parcours premiers pendant plus de 6h. Mais les vents faibles de l’arrivée auront raison des caractéristiques du Sun Fast 3200 qui a du mal à défendre son rating dans les petits airs et c’est logiquement que le Sun Fast 3300 des Frères Follin  s’impose sur la ligne.

Jean Rameil : « Nous garderons de cette cette bien belle aventure humaine sportive et physique les images des couchers du soleil tahitiens sur l’Île de Beauté , les surfs à plus de 12 noeuds accompagnés d’une trentaine de dauphins et des regards complices avec des baleines. »

Photos : Société Nautique de Saint-Tropez et Jean Rameil