Nicolas d’Estais termine 13e de la Transat Jacques Vabre en Class 40

Ce lundi 29 novembre, à 15 heures 50 minutes et 30 secondes en Martinique (20 heures 50 minutes et 30 secondes, heure métropolitaine), Emile Henry – Happyvore a franchi la ligne d’arrivée de la 15ème édition de la Transat Jacques Vabre en 13ème position de la catégorie Class40. Le duo Nicolas D’Estais – Erwan Le Draoulec​ aura mis 22 jours 7 heures 23 minutes et 30 secondes pour parcourir les 4 580 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 8.55 nœuds, mais il a réellement parcouru 5 362.35 milles à 10.02 nœuds.

2 semaines folles pour Nicolas d’Estais

Cette fin de mois d’octobre a été assez intense pour Nicolas d’Estais et son co-skipper Erwan Le Draoulec. Il nous raconte :

1) On a (enfin) mis le bateau à l’eau !

Elle était prévue pour le 13 août, puis le 20 août, puis le 27 août. On m’a ensuite annoncé fin septembre et finalement elle n’a eu lieu que le 9 octobre. Je parle de la mise à l’eau ! Je vous laisse faire le calcul : cela ne fait quun mois de préparation avant la Transat Jacques Vabre qui partira le 7 novembre prochain. Mais impossible n’est pas Jimmy, lisez la suite !
Beaucoup d’émotion durant cette journée assez symbolique qui a commencé aux aurores dans une ambiance surréaliste. Pour des questions de marée nous n’avions que 2 heures pour mettre le bateau à l’eau dans la rivière de Vannes, effectuer les différents tests de jauge et quitter le ponton avant que le bateau ne s’échoue.
L’un des tests consiste à coucher le bateau et vérifier qu’il se redresse. Compte tenu de l’heure avancée à laquelle nous avions fini la veille, je peux vous assurer que si on avait fait le même test sur les membres de l’équipe peu se seraient relevés ! Mais le bateau, lui, s’est redressé, c’est l’essentiel.
Le soir même on avait quitté le chantier et rejoint Lorient notre port d’attache à la voile (et même sous spi, excusez du peu!).

Mise à l’eau et convoyage à la voile en une journée ! Record battu ! Bravo et merci à toute l’équipe.

2) On a réussi à se mettre d’accord sur la décoration du bateau

La Transat Jacques Vabre est une course en double, et Erwan et moi sommes venus accompagnés ! Le bateau portera le nom de nos partenaires majeurs respectifs, c’est-à-dire Emile Henry (pour Erwan) et Happyvore (bibi).
Emile Henry est un fabricant bourguignon de plats en céramique pour la cuisine. Quant à Happyvore, vous en saurez plus très bientot !
Une chose est sûre : c’est l’association de 2 partenaires très gourmands, on va bien manger à bord !
Erwan voulait mettre Emile Henry partout et moi j’aurais beaucoup aimé avoir un bateau aux couleurs d’Happyvore. On a donc décidé de faire simple : ça sera un côté chacun ! Du coup on est tous les 2 d’accord pour dire qu’un côté était plus beau que l’autre, mais chacun avec son propre avis. Je vous laisse arbitrer !

3) On a pris en main le bateau

Comment dire … On n’achète pas un bateau comme on achète une voiture ou une machine à café broyeuse de grains : ce n’est pas parce qu’on sait mener UN bateau qu’on sait mener TOUS les bateaux, et c’est livré sans mode d’emploi ! En revanche c’est tonique, et il y a moyen de tout casser !
Une grosse partie de notre temps a été consacrée à la prise en main du bateau : vérifier son bon fonctionnement, mettre en place les voiles (et vérifier qu’elles faisaient la bonne taille), apprendre à le manœuvrer et trouver les bons réglages.
Au final on a eu très peu de mauvaises surprises. Le moteur qui ne marche pas sous tous les angles de gîte, les ballasts qui se vidaient par l’extérieur du bateau et le cockpit qui ne se vide pas ou bien se déverse dans le bateau. Uniquement des détails vous dis-je !

Il n’empêche, nous avons réussi à naviguer 1 jour sur 2 pendant les 2 semaines de préparation. Un rythme effréné mais nécessaire pour tenter de voir le maximum de choses avant le départ de la course. Encore une fois, chapeau à Gauthier, Henri et Julien qui sont les 3 préparateurs qui nous accompagnent dans cette aventure un peu folle !

Les 3 mousquetaires de la préparation express pour la Transat Jacques Vabre !

4) On s’est qualifiés pour la Transat Jacques Vabre

Passage obligé pour obtenir son ticket pour la Transat Jacques Vabre, avec Erwan nous avons réalisé un parcours de qualification en double à bord de notre bateau. C’était l’occasion d’apprendre à se connaître en mer (car si on se connaît bien, on n’a que rarement eu l’occasion de naviguer ensemble) et de commencer à apprivoiser le bateau. On a beaucoup rigolé. Il y a une information cepandant que je n’avais pas avant de m’associer avec lui :  Erwan ne parle qu’en répliques des Visiteurs (principalement le 1 et le 2).

Au programme, une grande boucle de 3 jours dans le Golfe de Gascogne. Sincèrement j’ai adoré passer du temps sur le bateau un peu isolé du monde. Après des mois et des mois de gestion de projet, cela faisait du bien de couper un peu ! C’est de très bonne augure pour la Transat Jacques Vabre.

Sachez qu’à l’occasion de cette qualification j’ai réalisé l’exploit de mettre mon téléphone et mon bateau à l’eau la même semaine.

5) On a convoyé le bateau au Havre

Et enfin, le weekend dernier, 15 jours après la mise à l’eau, avec Erwan nous avons largué les amarres à Lorient et convoyé le bateau au Havre. Que de chemin parcouru en 2 semaines !

J’en profite une nouvelle fois pour remercier l’équipe technique pour leur travail acharné ces derniers jours. Je peux vous dire que la même chose aurait été possible avec d’autres co-skippers qu’Erwan et moi, mais sûrement pas avec une autre équipe !

Et maintenant on fait quoi ?

A la fin de la semaine aura lieu le départ de la Transat Jacques Vabre. Ca va arriver très vite ! D’ici là l’équipe va continuer de faire son maximum pour préparer le bateau au mieux vu les délais.

Et moi j’essaie de me reposer pour partir le plus en forme possible et je tente tant bien que mal de profiter de ces moments assez uniques et privilégiés dans la vie d’un marin ! J’essaie aussi d’oublier que pendant ces 2 semaines de folies j’ai aussi trouvé le temps d’avoir 30 ans… Je me console en me disant que vu ce qu’on a réussi à faire en 2 semaines, finalement la vie paraît assez longue !

Les Talents Yacht Club de France à l’honneur

Une centaine de membres et leurs amis ont accueilli hier quatre des Talents du Yacht Club de France : Marine Legendre,  Nicolas d’Estais, Amélie Riou et Lara Granier.

De gauche à droite sur la photo : Dominique Dubois, président de la société Multiplast, Nicolas d’Estais (Class40), Lara Granier et Amélie Riou (49rs FX) , Marine Legendre (mini 6,5), Sébastien David, Philippe Héral, président du YCF.

Traditionnellement offert par les Rhums Clément, ce rendez-vous été l’occasion d’apprécier en compagnie de Dominique de la Guigneraye, « des produits de l’art de vivre à la française » tels qu’ont été labélisés le week-end dernier, les rhums Clément par le Président Macron.

Une belle soirée d’été pour accueillir, découvrir et partager.

C’était aussi pour le président Héral l’opportunité de présenter aux membres l’équipe du bureau, récemment élue : Thierry Mercier, Laure de Tocqueville-Armengaud, Jacques Pelletier, Jean-Yves Coudriou, Cyrille Lachèvre et Olivier Pécoux (absent de la photo ci-dessous).

 

La naissance d’un Class40 par l’artiste Mickaël Plihon (alias Ernest de Jouy)

L’artiste Mickaël Plihon (alias Ernest de Jouy) accompagne Nicolas d’Estais dans la naissance de son nouveau Class40. Suivez l’évolution hebdomadaire de la gestation de son bateau construit chez  Multiplast – Groupe Carboman sur plans VPLP design.

Semaine 10 : On marche sur la tête

Au début cela surprend et il faut expliquer « voilà le pont, pour l’instant il est à l’envers, il sera démoulé et retourné pour l’assemblage avec la coque ». Car oui, nous sommes en fait à l’intérieur du bateau. Le plancher est le plafond et la petite cabine à l’arrière est en fait dehors, et c’est le cockpit !

Le procédé (qui n’a plus de secret pour vous) est le même que pour la coque :  l’infusion.

Semaine 9 : Découverte des espaces

Les équipes de Multiplast continuent d’assembler les différents morceaux de puzzle pour préparer l’assemblage coque-pont.

Les deux cloisons centrales sont d’ores et déjà en place, cela permet déjà d’avoir une première idée des volumes intérieurs. Pas de quoi faire une mezzanine, mais a priori plusieurs endroits où Nicolas et son mètre quatre-vingt-dix teindront verticalement.

Semaine 8 : La structure, c’est comme la confiture …

… Moins il y en a plus le bateau s’étale !⁠

Pour qu’elle puisse encaisser les efforts qui lui seront bientôt demandés, on colle dans l’intérieur de la coque de nombreux renforts pour la rigidifier – un peu comme un squelette humain.⁠

Comme les os, ces renforts ont tous des noms différents alors qu’ils servent tous à la même chose : il y a les varangues, les raidisseurs, les oméga (mais pas d’alpha), les longitudinaux, les cloisons, les barreaux, les épontilles… Et j’en oublie sûrement beaucoup d’autres !⁠

C’est pareil avec le pont du bateau, que nous découvrirons bientôt…

Semaine 7 : Qui veut une tisane ?
Lorsque la dernière couche de fibre de verre est posée dans la coque, il faut imbiber l’ensemble du sandwich de résine pour que la coque se fige dans la forme du moule. C’est ce qu’on appelle l’INFUSION !

Le principe est d’amener la résine à l’état liquide au centre du moule et de l’aspirer sur les côtés au moyen de pompes à vide. C’est une étape clé car il faut suffisamment de résine pour imprégner l’ensemble des couches (et sur toute la surface) de la coque mais pas trop car un excédent de résine n’apporte pas un gain en performance et alourdit inutilement le bateau. Qui plus est il n’y a pas de retour en arrière possible car une fois que la résine est sèche il n’y a plus moyen d’ajuster quoi que ce soit.

Pour préparer l’infusion on pose une couche de tissu drainant (en vert) avec des drains (en gris) pour aider le front de résine à faire son chemin lors de la mise sous vide. Le tissu jaune est un tissu d’arrachage qui sert à isoler les tissus structurels de la coque et faciliter le démontage à la fin du processus.

Semaine 6 : Le sandwich est bientôt prêt

Après la première peau en fibre de verre l’équipe pose les pans de mousse qui forment l’âme de la coque (notez le côté romantique, comme quoi les marins ne sont pas des bêtes !)⁠

Paradoxalement, le bateau n’a plus d’âme dans ses endroits les plus névralgiques : accroche des haubans, embase de la quille ou à l’étrave par exemple. À ces endroits-là, la coque est uniquement en fibre de verre. C’est bien plus solide mais tellement plus lourd qu’on ne peut pas le faire partout.⁠

En tout cas il commence très franchement à ressembler à un bateau. Qu’il ait une âme ou pas, il sortira bientôt du moule pour se construire sa propre identité !⁠

Semaine 5 : Les choses sérieuses commencent

L’assemblage du moule donne suite à un travail méticuleux sur l’état de la surface où on s’assure que pas une tète de vis ou clou ne dépasse. ⁠

Afin de rigidifier l’ensemble, le moule est ensuite stratifié d’une fine couche de fibre de verre. Le chantier fait ça sous une tente au chaud pour bien polymériser la résine et sous vide pour être en tout point fidèle à la structure en bois.⁠

Après les dernières vérifications et finitions au ponçage à la cale, on appose une fine couche de téflon sur l’ensemble pour anticiper le démoulage. Les bateaux c’est comme les cookies chocolat caramel beurre salé : c’est mieux quand ça sort du moule en un morceau !⁠

Jusque là c’était le moule, cette semaine on entre dans le vif du sujet avec le début du drapage de la coque du bateau ! ⁠

Semaine 3 : Lorsque toutes les sections du moule sont alignées et fixées, on peut enfin les relier par des longs tasseaux en bois. La forme du bateau apparaît et ce n’est pas anodin !⁠

Semaine 2 : Pour construire le moule du bateau, une section de coque est érigée tous les 40cm afin de matérialiser sa forme en 3 dimensions.
Chaque coupe est numérotée en fonction de sa distance à l’avant du navire (par exemple 9600 = 9.6m). Grâce à ce squelette de 12m x 4.50m, la précision obtenue est partout largement inférieure au millimètre !

Semaine 1 : « Au début il n’y a rien, juste l’axe navire matérialisé sur le plancher. On découpe numériquement les sections du moule en bois dans lequel sera drapée la coque du bateau et on prépare leur assemblage »

Photos : Ernest de Jouy

Transat Jacques Vabre – Direction la Martinique !

Le Yacht Club de France est fier d’être partenaire de cette 24e édition de la plus extrême des Transats en double.

Pendant toute la préparation et la durée de la course, nous accueillerons dans nos salons parisiens les équipes d’organisation ainsi que les skippers et leurs partenaires. Nos membres contribueront aussi à plusieurs initiatives autour de l’environnement et l’innovation.

De plus, au moins deux membres du Yacht Club de France ont prévu d’être au départ : Nicolas D’Estais et Olivier Delrieux en Class40 et nous pouvons surement compter sur Franck Cammas en Ultim, …

Le parcours

Un départ du Havre et une arrivée dans la Baie de Fort-de-France, et 3 marques de parcours différentes, pour arriver ensemble :

  • L’archipel du Cap Vert pour les Class40,
  • L’Archipel Fernando de Noronha pour Multi50 et Imoca,
  • et Trindade et Martin Vaz, avec 7 500 miles de course pour Ultim.

Le décryptage du parcours par Charlie Dalin

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Le Class40 le plus rapide de l’Ouest ?

Multiplast a démarré le 1er décembre la construction du moule de son tout premier Class40, qui sera mis à l’eau en juillet prochain. Fruit d’une collaboration avec le cabinet VPLP, ce 40 pieds commandé par l’Italien Andrea Fornaro sera suivi d’un deuxième exemplaire mi-août pour Nicolas d’Estais, voire d’un troisième en vue de la Transat Jacques Vabre.

Le Class40 a le vent en poupe

Dominique Dubois et Yann Penfornis ont décidé de prendre les risques associés à la création d’un moule. Le paradigme était jusqu’à maintenant, notamment pour les Imoca ou Ultimes : une équipe achète le premier moule et essaie de l’amortir en les louant ensuite à d’autres teams.
C’est extrêmement rare pour nous de prendre ce risque. La dernière fois, c’était pour le Formule 40 Jet 40 en … 1986 !
L’attractivité de la Class40, tant pour les sponsors que pour des amateurs éclairés souhaitant se mesurer à des professionnels, en fait un support idéal pour les grandes courses à venir : Transat Jacques Vabre, Route du Rhum, Tour du monde,…
VPLP croit aussi dans cette classe, comme l’explique Vincent Lauriot-Prévost : « On a effectivement mené notre petite enquête, on a redessiné les bateaux existants en les passant dans notre logiciel de CFD pour déterminer les avantages et les inconvénients des différentes options. Toute cette période préparatoire et exploratrice, qui nous a pris trois mois, a clairement représenté un investissement pour nous, mais on avait décidé de le faire. »
Rendez-vous cet été pour les premiers bord de Nicolas sur ce nouveau support !