Rallye de l’Iroise

Une des traditions établies du Yacht Club de France est le rallye de printemps : depuis plusieurs années déjà il est organisé sur des parties différentes des côtes de Bretagne, nord ou sud, voire de l’Angleterre.
Depuis deux ans tout est prévu pour profiter des côtes de Cornouailles : Plymouth, Dartmouth, avec réception au Britania Royal Naval College et régates avec les cadets, mais les contraintes de la pandémie nous interdirent ces événements. Décision fut donc prise de se retrouver en mer d’Iroise.

Un rallye par défaut ? Pas du tout, jugeons-en :
Une mer réputée par son Raz de Sein, le Fromveur, le Four, ses courants de 6 nœuds, des étocs à l’infini et beaucoup d’épaves.
Un groupe de 5 bateaux, (des raisons de santé ayant dissuadé deux skippers) et 19 participants au total : Boucane, à Michel Soublin, Argweda, à Jacques Potdevin, Génépix, à Christian Hunault, Philéole, à Dominique Rey-Grange et Korrigan, à Antoine Mercier, que nous retrouvons tout début juin.

Dimanche après-midi, Boucane quitte Brest, pour retrouver Korrigan, arrivant tout juste de Port Blanc, le soir même dans le si charmant port de Camaret : apéritif de retrouvailles, dîner en commun et décision de partir le lendemain à Ouessant, au mouillage de Lampaul.
Petite traversée calme, au cours de laquelle les équipiers de Korrigan font une démonstration de leurs qualités de pêcheurs : le tartare de maquereau mariné du soir est un régal.
Mardi, retour tranquille sur la côte, direction Douarnenez, ce qui permet de passer entre les Tas de Poix. A Douarnenez arrivée de Philéole, inattendue et tout de suite fêtée.
Mercredi, regroupement à Camaret, où nous retrouvons Argweda et Génépix : le rallye démarre officiellement.
Jeudi, direction Morgat : le redoutable Toulinguet et nouveau passage entre les Tas de Poix, cap de la Chèvre et arrivée à Morgat, où l’accueil des autorités du port est chaleureux. Le soir, le désormais célèbre cocktail d’Argweda : tout est délicieux, la compagnie est chaleureuse, un grand moment.
Vendredi, départ en direction d’Audierne : le raz de Sein, (le temps est calme mais la nécessité d’arriver à Audierne à la marée nous oblige à passer très avant l’étale et l’apparence bouillonnante du Trouz Yar, nous dissuade finalement de l’emprunter alors que nous sommes devant).

Accueil également chaleureux à Audierne : Agnès Savin, épouse de notre collègue René Savin, nous a organisé les contacts et tout est parfait. Un dîner très convivial, mais en pantalon blanc, le soir, dans un des meilleurs restaurants d’Audierne nous prépare à la grande journée du lendemain, la visite de l’île de Sein.
Samedi, nous prenons la vedette de Penn Ar Bed, ce qui nous permet, tout en traversant, d’écouter un petit cours d’histoire-géographie sur l’île et la région, donné par le conservateur du musée d’Audierne. A l’arrivée, le maire de l’île, à qui nous remettons solennellement une tape de bouche, ainsi que l’ancien patron du canot de sauvetage, nous reçoivent avec chaleur : leurs souvenirs sont passionnants et nous ramènent à plusieurs pages de l’histoire de France. Nous restons avec eux, sans voir le temps passer …
L’après-midi, tandis qu’un petit groupe découvre l’île jusqu‘au grand phare et en revient enthousiaste, une douzaine de participants part dans un semi–rigide faire le tour d’Ar Men : la mer est belle le soleil brille et pourtant ce phare reste sauvage et permet immédiatement de comprendre ce que les anciens appelaient « l’enfer ». Le lieu même, au bout de cette Chaussée de Sein, témoin de tant de drames, est mythique. Chaussée que nous avons le privilège de prendre pour revenir à l’île de Sein, en admirant les phoques et les dauphins. Le qualificatif de « magique » est probablement celui qui aura été le plus partagé ce jour-là !
Tout le monde passe la soirée sur les bateaux pour déguster les produits locaux, commandés par Agnès et la séparation se fait dimanche, avec des départs vers le Sud ou vers le Nord.

Chaque année ce rallye gagne en intérêt et en plaisir partagé. L’impossibilité d’aller en Cornouailles a finalement peu pesé face à la beauté sauvage de la presqu’île de Crozon et des îles. Mais nous savourerons enfin ce voyage sur les côtes anglaises en 2022 !

Merci à tous les participants. Une pensée reconnaissante à Agnès Savin, remarquable ambassadrice de sa région du cap Sizun, et qui a été une organisatrice hors pair à Audierne et à l’île de Sein.

Roland Dubois

Le 19 Juin 2021