Coupe de Printemps, nouveau programme !

Suite au report des Voiles d’Antibes en septembre, le programme de la Coupe de Printemps du Yacht Club de France évolue.

En deux étapes, entre Porquerolles, Sanary et Marseille, elle sera courue les 14 et 17 juin 2021. Sanary devient « le cœur de la fête » et la Société Nautique de Sanary accueillera les yachts classiques et leurs équipages pendant 3 jours.

Cette course est réalisée en collaboration avec nos clubs Alliés, le Yacht Club de Porquerolles et la Société Nautique de Marseille qui héberge respectivement la Porquerolles Classic et les Voiles du Vieux Port, avant et après la Coupe de Printemps. L’ensemble des ces courses sont inscrites au calendrier de l’AFYT (Association Française des Yachts de Tradition).

Retrouvez tous les détails et l’actualité de la Course sur : www.ycfrance.fr/courses/cdp-ycf-2021/

La naissance d’un Class40 par l’artiste Mickaël Plihon (alias Ernest de Jouy)

L’artiste Mickaël Plihon (alias Ernest de Jouy) accompagne Nicolas d’Estais dans la naissance de son nouveau Class40. Suivez l’évolution hebdomadaire de la gestation de son bateau construit chez  Multiplast – Groupe Carboman sur plans VPLP design.

Semaine 3 : Lorsque toutes les sections du moule sont alignées et fixées, on peut enfin les relier par des longs tasseaux en bois. La forme du bateau apparaît et ce n’est pas anodin !⁠

Semaine 2 : Pour construire le moule du bateau, une section de coque est érigée tous les 40cm afin de matérialiser sa forme en 3 dimensions.
Chaque coupe est numérotée en fonction de sa distance à l’avant du navire (par exemple 9600 = 9.6m). Grâce à ce squelette de 12m x 4.50m, la précision obtenue est partout largement inférieure au millimètre !

Semaine 1 : « Au début il n’y a rien, juste l’axe navire matérialisé sur le plancher. On découpe numériquement les sections du moule en bois dans lequel sera drapée la coque du bateau et on prépare leur assemblage »

Photos : Ernest de Jouy

Marine de retour sur l’eau

Après un hiver court mais intense, Marine était de retour sur l’eau le week-end dernier. En deux mois, Marine a découvert Pile Poil dans ses moindre détails :

  • Tout ce qui pouvait être démonté l’a été…. puis remonté,
  • Le gréement dormant est complétement neuf,
  • La carène a été reprise totalement au chantier Nautymor, et les appendices ont changé de couleur,
  • Plus quelques fiabilisations et optimisations…

Au programme jusqu’à mi-avril : entraînements à la journée et navigations de nuit.
Marine est maintenant en congé jusqu’à la transat pour se consacrer 100% sur le projet. Son employeur, EY,  n’est pas loin, car présent sur la coque et la grand voile, en soutien du projet.
La saison des courses débute mi-avril par une course en double : la Plastimo Lorient Mini, au départ de Lorient. Marine enchainera sur une première course en solo sur Pile Poil cette année : la Mini en Mai au départ de la Trinité-sur-Mer.

 

La Cap Martinique des frangins

Robin Follin, Talent du YCF, s’engage sur sa première Transatlantique sur le bateau de son frère Adrien ; ce duo familial est un peu un retour aux sources.

Nous les suivrons pour les dernières semaines de préparation, leurs premiers  à bord d’un Sun Fast 3300 neuf acquis pour l’occasion et pendant la course.

Habituée des podiums sur de nombreux supports (Giraglia, Quadra Solo, Voiles de Saint Tropez, Primo Cup, Massilia, Quadra Solo, Primo Cup, Tour Voile, National SB20, GPEN, Normandie Cup …), la paire domptera rapidement sa nouvelle monture. Ces expériences ne laissent pas indifférent le plateau de spécialistes engagés dans l’épreuve.

Robin : « La « Cap Martinique des frangins », c’est un peu le thème que l’on s’est donné sur cette course transatlantique, la première pour moi, et la seconde pour Adrien.

Nous avons 17 ans d’écart et de fait, c’est lui qui m’a fait embarquer la première fois sur un Optimist et, par la suite, m’a mis le pied à l’étrier en habitable à l’occasion des championnats du monde Melges 24, au poste de crevette officielle.

Cette passion commune est un lien fort entre nous et cette Transat une belle façon de le saluer.

La Cap Martinique tombait à un moment opportun donc ça c’est décidé très rapidement courant Décembre.

Nous sommes des compétiteurs donc, forcément, nous n’y allons pas pour faire de la promenade sur 3600 miles. Pour autant, nous n’arrivons pas aussi préparés que nous le souhaiterions puisqu’à ce jour (22 février), nous n’avons pas encore navigué sur le Sun Fast 3300 avec lequel nous allons courir !

Qu’à cela ne tienne, on ne compte pas se cacher derrière cela et avons vraiment hâte d’en découdre !

Rendez-vous le 18 avril. »

Youth Foiling World Cup – No Go…

Nous vous annoncions fin décembre la participation du Yacht Club de France à la Liberty Bitcoin Youth Foiling World Cup.

La pandémie et ses impacts nous ont contraints à annuler notre participation à quelques jours de l’événement.

En effet, la course qui débute le week-end prochain requière un équipage mixte de trois marins de moins de 25 ans.

Robin Follin, barreur et porteur du projet, avait identifié plusieurs équipières, entraînées à voler sur ce type de support (Persico 69F). Malheureusement, les entraînements de préparation olympique ont vu leur calendrier changer. Toutes les équipières françaises pressenties y étant engagées en Nacra ou 49ers ont donc été contraintes de quitter le projet Youth Foiling World Cup.

Après avoir envisagé toutes les pistes possibles, nous avons convenu avec Robin Follin qu’il était préférable d’annuler la participation de la France, les conditions n’étant plus réunies pour avoir un équipage 100% français, au niveau d’exigence requis pour ce type d’événement.

Ce n’est que partie remise, d’autres épreuves du circuit auront lieu cette année. Robin, quant à lui, va profiter de ce temps pour continuer sa préparation pour la Transat Cap Martinique.

 

Sur quelle automobile ?

Commission du patrimoine

Gérard Hirgorom notre « veilleur » des ventes avait repéré cette plaque de voiture en métal, émail et sa fixation en bois, objet extraordinaire, rare et unique pour nos collections, des années 1910-1930.

Nous avons décidé de nous porter acquéreur dans l’obligatoire anonymat auprès de la Maison de Vente à Reims. Il va rejoindre le patrimoine de votre cher Club. Il faudra tenter de retrouver cet objet en « situation » … une photo d’un ancien membre de votre famille sur son automobile ? Merci de nous aider.

Transat Jacques Vabre – Direction la Martinique !

Le Yacht Club de France est fier d’être partenaire de cette 24e édition de la plus extrême des Transats en double.

Pendant toute la préparation et la durée de la course, nous accueillerons dans nos salons parisiens les équipes d’organisation ainsi que les skippers et leurs partenaires. Nos membres contribueront aussi à plusieurs initiatives autour de l’environnement et l’innovation.

De plus, au moins deux membres du Yacht Club de France ont prévu d’être au départ : Nicolas D’Estais et Olivier Delrieux en Class40 et nous pouvons surement compter sur Franck Cammas en Ultim, …

Le parcours

Un départ du Havre et une arrivée dans la Baie de Fort-de-France, et 3 marques de parcours différentes, pour arriver ensemble :

  • L’archipel du Cap Vert pour les Class40,
  • L’Archipel Fernando de Noronha pour Multi50 et Imoca,
  • et Trindade et Martin Vaz, avec 7 500 miles de course pour Ultim.

Le décryptage du parcours par Charlie Dalin

Suivez la Transat Jacques Vabre sur les médias sociaux :

Concours de la meilleure nouvelle – Commission du Patrimoine

Les membres du Yacht Club de France sont invités à participer à un CONCOURS DE LA MEILLEURE NOUVELLE.
Merci et félicitations à nos chers POM, Marie DÉTRÉE et Marc BERTHIER pour leurs œuvres de lancement. Merci aussi à notre vice-président Olivier PÉCOUX qui nous a transmis cette récente et excellente idée « d’événement à terre » du New York Yacht Club.
Mode d’emploi :
    1. Le récit doit avoir un thème nautique ou maritime
    2. L’objectif est une approche personnelle, de souvenirs provenant d’histoires anciennes, tragiques , effrayantes ou drôles ou…
    3. Il peut s’agir ou non d’une fiction dans la mesure ou l’aspect personnel est présent.
    4. Environ 1,000 mots ( 1-2 pages sous Word ou PDF)
    5. Envoi des textes par email à :  ycf@ycf-club.fr
    6. Date limite de remise des récits : étendu au 28 février 2021
Le comité de sélection est présidé par Roland Dubois, Conseiller et membre de la Commission Patrimoine. Après la réception de tous les récits, les trois meilleurs seront récompensés, partagés avec l’ensemble des membres et publiés.
A adresser au Club qui transmettra à Roland Dubois et Jean-Louis Benoist. Adresse mail : ycf@ycf-club.fr
L’envoi au YACHT CLUB DE FRANCE d’une « nouvelle » vaut acceptation par son auteur d’une diffusion interne au Club ( Bulletin Officiel et autres supports de communication).
Nota : sur la gouache de Marie Détrée toute ressemblance avec une ancienne et très célèbre membre dans les années 1920-1930 n’est pas un hasard… parité respectée.

 

Clarisse est arrivée.

Elle devient la femme la plus rapide en solitaire autour du monde

Ce mercredi 3 février, à 16 heures, 44 minutes, 25 secondes (heure française), Clarisse Crémer a franchi la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne après 87 jours, 02 heures, 24 minutes et 25 secondes à l’issue de ce Vendée Globe. Première femme de cette édition, elle termine donc à 6 jours, 22 heures, 39 minutes du vainqueur, Yannick Bestaven. La navigatrice de Banque Populaire X, qui a découvert la course au large il y a cinq ans et l’IMOCA il y a 2 ans, a réussi son pari, celui d’aller au bout de son premier tour du monde.

L’AMBIANCE

87 jours seule autour du monde. Le sourire et l’émotion de Clarisse, ce mercredi après-midi en remontant le chenal, sont à la hauteur du défi qu’elle vient de réaliser. À 31 ans, elle s’offre la 12e place de cette édition et devient la femme la plus rapide du Vendée Globe, dépassant le record d’Ellen MacArthur (94 jours et 4 heures en 2000-2001) et faisant mieux que Samantha Davies (95 jours et 4 heures en 2012-2013). La navigatrice de Banque Populaire X, avec sa bonne humeur communicative et sa capacité à ne rien lâcher, s’inscrit ainsi avec panache dans l’histoire de la plus prestigieuse des courses au large.

L’impression « d’avoir gagné mes galons de navigatrice »

Mais les mots ne disent pas tout. Car Clarisse s’accroche, se bat, puisant en elle la force de caractère dont elle a fait preuve en Mini et en Figaro. « Je n’ai jamais eu envie d’abandonner », confiait-elle récemment. J’ai appris à éteindre mon cerveau, à continuer à avancer, à m’alimenter, à dormir, à me ménager ». Son caractère de battante a trouvé un sacré terrain de jeu. Les mers du Sud, les dépressions qui s’enchaînent, la zone d’exclusion des glaces à longer et, pour finir avec le Pacifique qui n’en a que le nom, des creux de plus de 7 mètres et des rafales dépassant les 40 nœuds.
À l’issue d’une énième bataille face aux colères de Neptune et d’Eole, Banque Populaire X a franchi le cap Horn. Ce rocher sombre qui découpe la mer offre « un moment d’émerveillement », l’impression « d’avoir gagné mes galons de navigatrice » et le soulagement « d’y être parvenue sans être découragée ». Le bateau n’est plus à apprivoiser et Clarisse en parle « comme de son meilleur ami ». Avec lui, elle parvient à distancer durablement Alan Roura (La Fabrique), à réaliser un long bout de chemin avec Romain Attanasio (PURE-Best Western Hotels & Resort) et à résister jusqu’à la semaine dernière au retour du foiler d’Armel Tripon (L’Occitane en Provence).
La remontée de l’Atlantique oblige encore à surmonter quelques tracas : deux montées au mât pour une réparation de J2, un pot-au-noir un peu récalcitrant et les dépressions qui s’amoncellent à proximité des côtes de l’Europe. L’arrivée a valeur de libération et souligne aussi une ambition nouvelle, une volonté tenace de ne pas s’arrêter là. « Si je pouvais repartir tout de suite pour un tour du monde, je le ferais », a-t-elle confié il y a quelques jours, comme une envie irrépressible de se jeter à nouveau dans ce tourbillon d’émotions.

Vendée Globe – 1 nuit, 4 gagnants

Dans la nuit de mercredi 27 à jeudi 28 janvier 4 candidats du Vendée Globe passent la ligne. Moins de 10 heures séparent le 1er du 4ème après 80 jours de course.

  • 20 h 35 min et 47 sec – Charlie Dalin est le 1er à passer la ligne
  • 00 h 45 min et 12 sec – Louis Burton arrive second
  • 4 h 19 min et 46 sec – Yann Bestaven traverse la ligne et gagne le Vendée Globe (10 h de bonification pour s’être détourné pour porter assistance à Kevin Escofier lors de son nauvrage)
  • 5 h 42 min et 1 sec – Thomas Ruyant termine 4ème au petit matin

Boris Hermann (SeaExplorer – Yacht Club de Monaco) qui était en passe de réaliser un podium a heurté un bateau de pêche dans la nuit à 90 miles de l’arrivée.

Carole Lajous et Sébastien David étaient sur place pour représenter le Yacht Club de France, partenaire de l’événement. « Nous avons vécu une expérience exceptionnelle. Les contraintes sanitaires ont forcé l’organisation à réduire drastiquement les présences du public, des teams et des partenaires. Le village était réservé à la presse et le chenal sous (haute) surveillance policière. Nous embarquons sur une vedette vers 18 h pour rejoindre Charlie Dalin en direction de l’Ile de Ré, aux côtés de la vedette de presse. Pendant ce temps la quarantaine de semi-rigides de l’organisation se positionne prés de l’arrivée et nous offrira un ballet de lumières dans la nuit. Après une heure à pleine vitesse, nous voyons apparaitre les feux d’Apivia qui déboule à une vingtaine de noeuds. Nous le suivons alors, voyant (ré)apparaitre les lumières des Sables d’Olonne, puis de la ligne d’arrivée. Un dernier empannage, un appel à la radio pour confirmer son arrivée et la position de la ligne et… le retour chez les terriens 80 jours plus tard. Encore un poulain de Jacques Pelletier qui a bien grandi ! »

La marée était basse en milieu de nuit et ne permettait pas aux bateaux d’entrer dans le chenal des Sables d’Olonne. Ils rentreront tous les 4 (5?) dans la matinée.

La course de Charlie

A bord de son plan Verdier de dernière génération, il prend une première fois les rênes le 11 novembre dans le Nord-Est des Açores. Puis, sa route est marquée par un grand contournement par l’Ouest de la dépression tropicale Thêta… un décalage d’une centaine de milles qu’il mettra quelques jours à combler lors de la descente de l’Atlantique Nord. Au passage de l’Equateur, il est déjà dans le trio de tête, derrière HUGO BOSS et LinkedOut. Les alizés de l’hémisphère Sud permettent à son foiler de prendre son envol : quelques journées s’enchaînent à belle vitesse. Au moment de contourner l’anticyclone de Sainte Hélène et alors qu’Alex Thomson est à l’arrêt pour réparer des fissures dans les cloisons de son bateau, le Havrais prend les commandes. S’ensuit une cavalcade en éclaireur dans le Grand Sud : passage de Bonne-Espérance puis de Leeuwin en pole position – avec comme principaux rivaux Thomas Ruyant, Louis Burton puis Yannick Bestaven.

Pour son premier Vendée Globe, celui qui avouait avant le départ apprécier la solitude, se révèle dans son élément, parfaitement maître de lui et de la situation. Ce compétiteur hors pair – 4 podiums sur la Solitaire du Figaro, victoire dans la dernière Transat Jacques Vabre à bord de son Apivia – a usé de toutes les armes pour défendre sa position.

Le 10 décembre, au sortir d’un très fort coup de vent qu’il est le seul à prendre de plein fouet avant le passage du cap Leeuwin, sa vitesse moyenne accuse le coup.

Le 14 décembre, Charlie est leader depuis 21 jours lorsque la casse de sa cale basse de foil bâbord survient et vient briser son élan. A la cape, engoncé dans une combinaison blanche, masque sur le nez, le skipper Apivia passe 18 heures à façonner une nouvelle cale basse en carbone et composite. Lorsqu’il repart, il ne reste rien de ses 60 milles d’avance, et c’est même avec un déficit de 135,5 milles sur LinkedOut et à peine moins sur Maître CoQ IV qu’il repart, foil bâbord inutilisable.

Mais Dalin encaisse, s’accroche et conserve sa place dans le trio pendant toute la traversée du Pacifique. Il passe le cap Horn en 2e position et négocie avec brio le gymkhana météorologique qui marque la remontée de l’Atlantique Sud. Il gagne plus de 400 milles sur Bestaven et retrouve sa place de leader le 12 janvier au large du Brésil, tandis que toute la meute des poursuivants, servie par une météo plus favorable, revient fort au contact. La suite se joue sur un à toi à moi avec Louis Burton. Dans la remontée de l’Atlantique Nord, le skipper d’Apivia reste à l’intérieur du virage, décalé dans l’Est de ses poursuivants, jusqu’à passer tout proche du cap Finisterre.  Un stratégie gagnante !

Amoureux de la mer et des bateaux depuis ses premiers bords en Optimist à 6 ans, devenu architecte naval par passion, Dalin est un perfectionniste qui s’intéresse à tout et ne néglige aucun détail de sa préparation, technique, physique et mentale. Il partait sur son premier tour du monde avec un rêve de victoire et les moyens d’y parvenir, dont un bateau de dernière génération, parfaitement mis au point par l’équipe de Mer Concept. Quelle que soit l’issue du classement général, une certitude demeure : il a l’étoffe des grands champions.

La course de Louis

A 35 ans, le Malouin participait à son 3e Vendée Globe sous les couleurs de Bureau Vallée 2, fidèle partenaire depuis 10 ans. Louis, à bord de l’IMOCA vainqueur de la grande boucle en 2016 aux mains d’Amel Le Cléac’h, affichait clairement son ambition sur la ligne de départ le 8 novembre dernier : le top 5. Avec un bateau bien né et inchangé, et fort d’une immense envie de bien faire, Louis montre d’emblée son impatience d’en découdre en doublant la ligne 2 secondes trop tôt et écope d’une pénalité de 5h. Les dépressions hivernales cueillent la flotte dans le golfe de Gascogne, et les ennuis techniques débutent. À bord de Bureau Vallée 2 : fuite d’un vérin de quille et cloison avant fissurée. Louis répare sans broncher avant la grosse dépression Thêta et file plein sud du côté le plus musclé de la tempête, pied au plancher. En 48 heures, Louis Burton passe de la 14e place à la 6e au grand large des côtes marocaines. Le ton est donné : il va falloir compter sur lui ! 6e à l’équateur, Bureau Vallée 2 est poussé dans l’option sud pour contourner l’anticyclone tentaculaire de Sainte-Hélène. 3e au cap de Bonne-Espérance, et après les premières flèches d’un Indien qui met à terre quatre concurrents (Kevin Escoffier, Sébastien Simon, Sam Davies et Fabrice Amedeo), Louis Burton prend la place de 2e derrière Charlie Dalin, le 4 décembre.

La course de Yannick

Le début de course de l’Arcachonnais est marqué par une « option de préservation », dans le Sud, pour échapper au premier gros front de ce tour du monde. Pendant sa descente de l’Atlantique Nord, il navigue dans le top 10/12, au sein du peloton compact lancé aux trousses du leader du moment, HUGO BOSS. Ses pions décisifs, il va les placer en Atlantique Sud, grâce à sa tactique pour contourner les petites excroissances de l’anticyclone de Sainte Hélène. Deux empannages parfaitement placés et le voici dans le quintet de tête, derrière Dalin, Ruyant, Escoffier et Le Cam.
Le 30 novembre, dans le Sud-Ouest de l’Afrique du Sud, sa course prend une autre tournure. En fin d’après-midi, il est appelé par la Direction de Course du Vendée Globe pour aller porter secours de Kevin Escoffier, en renfort de Jean Le Cam, déjà sur zone. Positionné plus au Sud, Yannick fait demi-tour et passera une bonne partie de la nuit à quadriller la zone, jusqu’à ce que Le Cam récupère le naufragé à son bord. Lorsqu’il reprend sa course, Maître CoQ IV est à plus de 400 milles du leader Apivia. Et il lui faudra du temps pour se remettre de ses émotions. Les mers du Sud, Yannick ne les connait pas. On se souvient du marin barbu, la tignasse hirsute, décrivant des conditions de mer invivables l’obligeant à vivre à quatre pattes comme « un sanglier ». Pourtant, c’est dans cet univers hostile qu’il va trouver son tempo. Son bateau (plan VPLP- Verdier) est simple, fiable bien préparé, il a terminé toutes les courses auxquelles il a participé ces deux dernières saisons. Alors Yannick peut tirer dessus. Sa capacité à naviguer à des vitesses moyennes élevées lui permet de revenir peu à peu dans le match. Au Nord des Kerguelen, il est 3e, tout comme au passage du cap Leeuwin. Devant lui, Ruyant et Dalin, handicapés par leur foil bâbord, se font rattraper puis déborder.
Le 16 décembre, dans le Sud-Ouest de la Tasmanie, Bestaven prend les commandes. Le 28, il fête ses 48 ans dans le sud du point Némo. Il va ouvrir la voie pendant 26 jours – il franchit le cap Horn en tête-, une position d’éclaireur qui lui sera funeste dans la remontée de l’Atlantique Sud. Premier à être ralenti dans le chapelet de bulles anticycloniques qui s’étendent au large de l’Argentine, il subit impuissant le retour du groupe de chasse. On apprend par la suite qu’il a subi des avaries peu après le passage du cap Horn : balcon avant arraché, plus d’enrouleur, quelques voiles d’avant inutilisables. Il se fait doubler le 12 janvier au large du Brésil. Mais en bon sanglier, l’Arcachonnais s’accroche. Bonifié de 10 heures et 15 minutes par le jury international du Vendée Globe, il ne veut pas laisser passer sa chance. Il tente un dernier coup à 1300 milles de l’arrivée en passant dans le Nord de l’archipel des Açores pour aller chercher du vent plus fort. Et c’est un coup gagnant. En abordant les derniers milles vers l’arrivée par le septentrion, il revient progressivement sur l’homme de tête Charlie Dalin. Suffisamment pour prendre l’avantage au classement final.

La course de Thomas

Un gars en « Nord », un chouette projet d’insertion, un nouveau bateau dessiné par Guillaume Verdier, construit en Italie et mis à l’eau en 2019… Thomas Ruyant était attendu sur ce 9e Vendée Globe. Parce qu’il est un navigateur qui ose, bercé hors des sentiers battus, à Lorient plutôt qu’à Port-La-Forêt, parce qu’il avait démontré sur les courses d’avant-saison une incroyable faculté à tenir la dragée haute et à tenter des coups, le Dunkerquois partait le 8 novembre dernier avec le souffle puissant de milliers de supporters. Il démarrait d’ailleurs en fanfare : premier à aller chercher le premier front, à entrer dans le dur, il est l’homme de tête du groupe de l’Ouest à ne rien craindre de la grosse dépression Thêta. Ruyant vient pour la gagne et ne mâche pas ses trajectoires dans le sillage d’Alex Thomson : il est 3e au moment de parer les îles du Cap-Vert, puis 2e au passage de l’équateur aux trousses du Britannique. « On se tire la bourre, c’est stimulant, les vitesses frôlent les 25 nœuds », confiait-il à la vacation du 21 novembre en plein Atlantique Sud, depuis la tête de course, 10 milles devant Charlie Dalin. Dans le même temps, Ruyant perd un adversaire de taille : Alex Thomson est ralenti par son avarie structurelle conséquente laquelle, ajoutée à un choc avec un OFNI, le contraindra à abandonner une semaine plus tard. Mais le 25 novembre, Thomas Ruyant subit une grosse avarie de foil bâbord et se voit dans l’obligation de le couper, suspendu depuis l’outrigger, armé d’une scie sabre.

LinkedOut continue sa course avec moins de puissance en tribord amures. « Il s’agit de naviguer différemment et de réapprendre », confiait Ruyant après le passage du cap de Bonne-Espérance en 2e position. Thomas reste malgré tout devant, non loin de Dalin, titillé par Louis Burton et avec une meute aux trousses. Mais il parvient à reprendre les commandes après le cap Leeuwin. Et c’est un nouveau problème qui marque la course de LinkedOut : une importante voie d’eau dans la soute fait perdre 4 heures au Nordiste, suffisamment pour laisser passer Yannick Bestaven. « J’ai eu la sensation de gérer des soucis techniques et de courir après quelque chose suite à mon épisode de voie d’eau. J’ai sans cesse essayé de raccrocher le wagon sans y arriver », confiera-t-il plus tard après le passage du Horn, en 3e position.

Il ose une fois de plus une option tranchée dans la remontée de l’Atlantique Sud parce qu’il se dit « joueur », poursuit sa folle remontée dans le groupe de tête. Thomas Ruyant, jusqu’au bout, aura été présent chez les leaders – 72 % du parcours dans le trio de tête ! –, sans jamais parvenir à faire la différence après son avarie de foil, naviguant à cloche-pied, mais toujours avec le sourire, l’envie et surtout une grande régularité.