RORC Transatlantic : l’Ange de Milon nous raconte sa course

L’Ange de Milon, skippé par Jacques Pelletier (VP du YCF) avec un équipage de membres a franchi la ligne de Grenade hier. Pas le temps de s’arrêter, direction la Martinique, ni de fêter la deuxième place du classement IRC1 gagnée après une compétition épique. Jacques a eu le temps d’envoyer quelques lignes, pour nous raconter ces 14 derniers jours :

« Il fait pleine de nuit, il est 5h08mn33s TU. Nous passons la ligne d’arrivée à Grenade soit 14 jours et 17  heure de course.

Mais pas de festivités nocturnes sur la ligne. D’autant moins que constant dans notre effort nous avons immédiatement mis le cap sur la Martinique.

Cap qui nous donne du près pour 150 milles ce qui nous change d’une douzaine de jours de portant sous spi.

Que dire. Nous sommes 2e de notre classe, nous regrettons de manquer la première place, notre décision d’aller contourner la dépression par le nord pour avoir l’avantage du vent portant nous a fait faire 225 milles de plus que Scarlet Oyster ; fallait-il accepter de faire du prés dans le sud de la dep donc moins vite mais plus court, on ne le saura jamais. Et puis comme dit l’autre si ma tante avait des roues on dirait que c’est un vélo.

Parfaite ambiance à bord. Chaque matin pour les tenir en forme j’ai fait des oeufs sur le plat avec jamon succulent, choisi par Chantal à Lanzarote. Quand je dis des oeufs je devrais dire UN oeuf, en effet dès le 5e jour il est apparu que le chargé de l’approvisionnement œufs ne savait pas compter d’où le rationnement de 2 à 1 oeuf dès le 6e jour. Cette pénurie n’a cependant eu aucune incidence ni sur l’ambiance, ni sur la marche du bateau.

 

Cette course à comporté deux parties différentes.

La première depuis le départ jusqu’au nord de dépression nous avons navigué sous spi puis sous code Zéro puis sous J3 pour passer les grains annonciateurs de la dépression dont nous avons franchi le centre, avec vent nul, en 30 mn le jeudi 13 entre 8H15 et 8h45 TU;

La seconde, juste après le centre de la depression, le vent est revenu progressivement nous sommes passés du génois au code 0 puis spi que nous n’avons plus quitté jusqu’à l’arrivée soit 10 jours sous spi avec environ 25 nds de NE et parfois 35, 38 sous grains ce qui nous obligeait à affaler le spi et renvoyer. tantôt le lourd capelage, tantôt le médium lourd tête de mat et tantôt le médium dans les phases avec vent moins soutenu inférieur 20 nds.

Nous avons connu le lot de tracasseries habituelles dans ce genre de longue navigation sous spi. Les drisses raguent, donc s’usent et donc cassent.

Quelques exemples

Ce fut une première fois une drisse cassé en haut, le spi  qui tombe à l’eau. Il faut le ramener à bord sans le déchirer ce qui demande beaucoup d’efforts et de précaution pour ne pas le déchirer en mille morceaux; manœuvre réussie spi sauvé.

Évidemment  nous n’avions plus qu’une drisse de spi de tête donc en prendre soin c’est à dire amener le spi, vérifier la drisse et renvoyer, nous avons ainsi changé 3 drisses.

La dernière fois dans une manoeuvre de vérification de drisse 20 25 nds de vent, heureusement de jour, le spi refuse de descendre : drisse coincée en haut. Pas d’autre solution que d’envoyer en l’air notre n°1 Pierre Ferrand qui du haut du mat percute le mousqueton du spi que nous ramassons sur le pont.

Pierre étant descendu des hauteurs, nous fait le point de la situation un bout de la drisse est encore à l’extérieur du mat. Solution simple il faut fixer une passeresse sur l’extrémité de la drisse et la tirer depuis le piano; Pierre st envoyé en l’air une deuxième fois, il fixe la passeresse, on tire à l’autre bout, la  drisse se décoince, la passeresse circule dans la mat et le tour est joué ; Pierre peut descendre et nous envoyer une drisse neuve grâce à la passeresse et renvoyer le spi, le tout aura duré 50 mn.

Une autre fois dans un renvoi de spi c’est le nerf de bordure qui s’accroche à un chandelier donc toute la bordure déchirée. 5 heures de couture plus tard, à deux, bordure recousue et spi renvoyé.

C’est ainsi que de surfs sauvages dans la brise, en moments plus tranquilles, parsemés de nos petits tracas, avec surveillance pointilleuse, toutes les 6H, de la position de nos adversaires, nous sommes arrivés au terme de cette traversée dont nous garderons tous un merveilleux souvenir.

Amitié de L’Ange de Milon

J »

RORC Transatlantic Race : bataille serrée et record battu

La RORC Transatlantic Race n’est pas encore terminée que des records sont déjà tombés.

En particulier celui établi par le Maxi Comanche de 30,48 m (100 pieds) de VPLP Design/Verdier, skippé par Mitch Booth. Arrivé dimanche 16 janvier au matin Comanche a établi un nouveau record de course en bouclant les 3 000 NM de Lanzarote à Grenade en 7 jours 22 heures 1 minute 4 secondes. C’est deux jours de mieux que le précédent record.

Comanche vu d’un Drone (RORC)

Une arrivée quelques heures à peine après les Multi, le premier à franchir la ligne dans cette catégorie étant le Multi70 Maserati (ITA) de Giovanni Soldini  devant le MOD70 PowerPlay de Peter Cunningham, skippé par Ned Collier Wakefield, suivi du MOD70 Argo de Jason Carroll. A signaler à bord de Maserati la présence d’un français comme membre d’équipage, Thomas Joffrin (22 ans) tandis que le premier Multi sous pavillon français, club 5 Oceans est arrivé ce jeudi 20 janvier;

En ce 13ème jour de course la bataille fait rage entre les IRC. Le 1e français dans la catégorie IRC 0 était Tonnerre de Glenn, skippé par Dominique Tian, qui se trouve à la 3ème place, juste devant Lady First 3 de Jean-Pierre Dréau (membre du YCF). En IRC 1, Jacques Pelletier – Vice-président du YCF parti avec un équipage de membres – et son Ange de Milon est à la 3ème place à quelques encablures de la 2e place !

Enfin en classique, Faiaoahe de  Rémy Gérin (membre du YCF) poursuit sa course après des soucis de pilote automatique.

Jean-Baptiste Itah exposera ses peintures à la SRH (Havre)

Notre membre Jean-Baptiste Itah exposera ses peintures du 31 janvier au 28 février 2022 au sein des locaux du SRH (Société des Régates du Havre), plus précisément dans le salon du restaurant.
Le vernissage est prévue vendredi 4 février, cependant au vu des conditions sanitaires aucun cocktail ne pourra être offert.
Jean-Baptiste ITAH est un jeune peintre autodidacte vivant et travaillant au Havre. Inspiré par Monet, Boudin, Turner, il aime travailler d’après le motif. Son approche sensible de la peinture est avant tout un travail de recherche sur la lumière et la couleur. Il s’agit d’une quête permanente, la volonté de transmettre la sensibilité du monde naturel.  

Acquisition maquette yacht « VELOX » ( 1875) et APPEL AUX DONS  « spécifique patrimoine du YCF »  ( 1 déjà reçu en 2022 d’un fidèle ami )

À l’unanimité nous avons décidé cet achat via l’AAMM auprès des héritiers du célèbre maquettiste Michel Bellelle. VELOX a appartenu, entre autres, à un ancien membre UYF puis YCF, 1892-1912, Auguste Henri SIEBER ( 1843-1913) fils d’Henri, riche industriel et négociant.
-Voir notre important tableau d’Edouard Adam dans le salon PP HECKLY –
Construit sur plans de et par Jacques Augustin Normand en 1875 VELOX était considéré comme exceptionnel ! Hélas après la mort de AH SIEBER le yacht à été démantelé ne trouvant pas preneur du fait de la guerre en 1914.
Notre «  écorché de maquette » est remarquable et pédagogique car son auteur a voulu montrer avec un réalisme saisissant ses principales caractéristiques.
Il est écrit sur le yacht :
«  Le dessin de sa carène, notamment, est révolutionnaire : le VELOX  est le premier navire à combiner la largeur des yachts américains avec la profondeur des coques anglaises. Cela lui donne une grande raideur à la toile et lui permet de porter une plus grande surface de voilure que la concurrence.
La construction de la coque est également originale : Jacques Augustin Normand va utiliser la méthode du triple bordé (2 diagonaux et un longitudinal) qui apporte légèreté et rigidité. C’est une première pour un navire de cette taille.La stabilité est assurée par un lest de 87 tonnes2,5.
L’ensemble de ces caractéristiques donne au Velox de remarquables performances nautiques qui seront saluées par ses différents propriétaires ainsi que par les observateurs de l’époque » ( Wikipedia).
Signalons aussi les sites Wikipedia complets sur VELOX et famille SIEBER …
– le dossier reçu très documenté de la construction par Michel Bellelle.
– nous possédons un recueil remarquable des pavillons personnels des membres de l’Union des Yachts Français – voir Photo-
– le magnifique livre de Jacques Taglang et François Chevalier qui lui est consacré -janvier 1993-
– la villa VELOX à Dinard que possédait AH SIEBER, nous avions prêté via François Chevalier notre tableau d’Edouard Adam pour une exposition dont il était le commissaire en 2019 «  Toutes Voiles Dehors ».
Merci à Gérard HIRGOROM pour ses recherches et à Jean-Louis VICHOT pour avoir rapatrié cet objet avec l’aide de la logistique d’Entraide Marine.

Recherche pour la ville d’ OLLIOULES ( VAR) 

ÉPISODE 1
Dans la dernière lettre N°136  un lien nous emmenait vers un monument funéraire avec le nom de 3 bateaux entourés d’une bouée avec mention YCF. Vous avez dû être étonnés, on a donc enquêté …
                                  Emmanuel MARGUERITTE
– Il apparaît bien comme membre fondateur de l’UYF en 1891 ( voir rappel de la création) puis du YCF en 1902 ( présence d’un asterix devant son nom )
– Vous vous souvenez : UYF 1 seule étoile bleue sur le blanc, YCF 1 étoile blanche est rajoutée sur le bleu de notre guidon.
– Pour le YCF, un seul yacht est attaché à son nom « OPHÉLIE » à moteur et imposant, 533 tonneaux…dont le port d’attache était CETTE ( SÈTE )
– Une « concession de guidon » lui avait été accordée par la présence de son pavillon personnel
– il a habité à Paris 203 rue du faubourg Saint Honoré puis en Suisse
– en 1907 il ne figure plus dans l’annuaire YCF. Mort en 1915 son épouse Marié Eugénie en 1937 et donc cette tombe.
= > A l’aide des registres du LLOYDS on découvre ses yachts
– « OPHÉLIE » à SÈTE
– « MINNIE » à TROUVILLE, seulement 17 tonneaux ..
– «  RÊVEUSES »aussi à SÈTE, 179 tonneaux
Un richissime passionné car au même moment propriétaire de 3 yachts à vapeur assurés LLOYDS sur registre 1898-1899.
Dans un  ÉPISODE 2 à suivre, nous poursuivrons nos recherches sur la vie d’Emmanuel MARGUERITTE

Des nouvelles de l’expédition en Antarctique

Nos deux membres, Pauline Marcel journaliste/photographe et Marie Détrée peintre officielle de la Marine Nationale poursuivent leur périple en Antarctique, dans le cadre d’un projet éditorial pour l’IPEV (Institut Polaire Français), en partenariat avec la Marine Nationale, les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises), et le Yacht Club de France.

Elles ont présenté les premiers fruits de leurs travaux, accomplis lors des 13 jours de la rotation 2 de l’Astrolabe à Dumont d’Urville lors d’un vernissage qui a fait l’objet d’un article sur le Blog officiel du district de Terre Adélie, à partir de photographies réalisées par Audrey A. photographe de la Marine Nationale, que vous pourrez retrouver ici.

En attendant qu’elles nous le racontent de vive voix !

Soirée Navigation : « le feu à bord, prévenir et combattre »

Mercredi 9 février 2022

Avec Jean-Marie BLANCHET,

Expert incendie, BSPP, Marine Nationale…

et vous tous.

Si vous avez une expérience heureuse ou malheureuse de feu à bord merci de contacter michel.soublin@gmail.com

Dans les salons du Club, suivie d’un dîner-buffet

Début à 20 heures précises, accueil à partir de 19h30

Fin de la soirée à 22h30

Participation financière au buffet : 32 €

 

Rallye Manche/Atlantique 2022 en Grande Bretagne

Visite du 8 juin à midi au dimanche 12 juin au matin (Voiliers et moteurs)

Programme envisagé :

Plymouth, visite commentée de la rade,

Salcombe, Dartmouth, accueil au Britania Royal Naval College

Les membres des clubs alliés sont cordialement invités.

Limité aux 15 premiers bateaux inscrits

 

Pré-Inscrivez-vous dès maintenant, pour être informés régulièrement,

michel.soublin@gmail.comv.ho@ycf-club.fr

 

L’italien Maserati remporte la RORC Transatlantic Race en Multi 70

L'arrivée de Maserati vainqueur de la RORC Transatlantic à Grenade le 15 janvier 2022 (crédit Arthur Daniel)

Le Multi70 Maserati (ITA) de Giovanni Soldini a remporté la RORC Transatlantic Race en franchissant la ligne d’arrivée devant la marina de Port Louis de Camper & Nicholsons à Grenade à 05:51:41 UTC le samedi 15 janvier  Après huit jours de course extraordinaire, Maserati a terminé devant le MOD70 PowerPlay de Peter Cunningham, skippé par Ned Collier Wakefield, suivi du MOD70 Argo de Jason Carroll.

La marge de victoire de Maserati a été de moins de 20 milles sur PowerPlay et Argo, exprimée en fraction, c’est-à-dire un tiers de point de pourcentage. Giovanni Soldini a connu de nombreux grands succès au cours de sa brillante carrière, et celui-ci est l’un des plus beaux.

La camaraderie et l’esprit sportif entre les trois bateaux ont été illustrés par l’équipage de la Maserati de Soldini qui attendait l’arrivée de PowerPlay pour l’encourager sur la ligne. L’équipe technique d’Argo a également préparé un barbecue sur le quai à 4 heures du matin, le tout arrosé de bières glacées fournies par la Marina de Port Louis !

« C’était vraiment fantastique », a commenté Giovanni Soldini. « Faire une course transatlantique comme ça avec trois bateaux à 20 milles les uns des autres, c’est juste incroyable. Nous avons eu un gros problème la première nuit car nous avons tout de suite cassé le safran de bâbord (en heurtant un OVNI). Cependant, dans la deuxième partie de la course, heureusement, l’angle était tel que le safran de tribord était dans l’eau. »

Retrouvez ici la vidéo de son arrivée.